Tedros Adhanom Ghebreyesus lors de la conférence de presse du 24 février 2020.
Cet article n’est pas récent et les connaissances scientifiques sur la COVID-19 évoluent continuellement. Nous vous invitons à consulter nos derniers articles.
Alors que l’épidémie de COVID-19 montre des signes de ralentissement en Chine, des foyers en Corée du Sud, en Iran et en Italie inquiètent.
Le point en date du 26 février (mis à jour)
| En Chine | Hors de Chine | |
| Cas de COVID-19 | 78 630 | 3474 dans 44 pays |
| Morts | 2747 | 54 |
Des équipes d’experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont sillonné la Chine, y compris la région de Wuhan, pour en apprendre plus sur le coronavirus.
Ce qu’on sait de nouveau
– Aucun changement génétique majeur n’a été observé dans le virus
– Le taux de mortalité à Wuhan oscille entre 2 et 4%
– Hors de Wuhan, le taux de mortalité est de 0,7%
– Les personnes présentant une forme sévère de la maladie peuvent guérir en 3 à 6 semaines, contre 2 semaines pour les personnes ayant des symptômes plus modérés.
Évolution de la situation
Lors d’une conférence de presse organisée par l’OMS le 24 février, le directeur-général, Tedros Adhanom Ghebreyesu, a assuré qu’il ne s’agissait toujours pas d’une pandémie, bien que le nouveau coronavirus (SARS-CoV-2) ait sans aucun doute un potentiel pandémique.
« Pour le moment, nous n’observons pas de propagation non contenue de cas hors de Chine. Il s’agit plutôt d’épidémies dans plusieurs parties du monde, bien qu’il faille se préparer à une pandémie », a-t-il précisé.
« Nous sommes encouragés par le déclin constant des cas en Chine », a-t-il ajouté, l’épidémie y ayant atteint un pic de cas entre le 23 janvier et le 2 février.
Cela dit, l’émergence très récente de foyers épidémiques en Corée du Sud, en Iran et en Italie est inquiétante. La Corée déplore plus de 700 cas, l’Iran une cinquantaine, et l’Italie plus de 200 cas et 5 morts. Les experts sont d’autant plus perplexes qu’en Italie et en Iran, l’historique de transmission du virus n’est pas clair. En effet, dans plusieurs cas, il n’y a pas eu de contact avéré avec un malade, ce qui suggère une transmission du virus entre individus asymptomatiques (ne présentant aucun symptôme).
Plusieurs nouveaux pays sont touchés depuis le début de la semaine : l’Irak, l’Afghanistan, le Koweït et Bahreïn et maintenant l’Algérie, l’Autriche, la Croatie, la Suisse, la Norvège… « Pour la première fois depuis le premier cas de COVID-19 identifié le 8 décembre 2019, il y a plus de nouveaux cas rapportés dans des pays autres que la Chine qu’en Chine », a signalé l’OMS le 25 février. (mise à jour 26 février)
« Cela étant, la dynamique de transmission est différente dans chaque pays et il ne faut pas tirer de conclusions trop hâtives », a averti lors de la conférence Michael J. Ryan, directeur exécutif chargé du Programme OMS de gestion des urgences. « L’accélération des cas est généralement liée à un contexte de rassemblement, par exemple à l’occasion de célébrations religieuses en Iran. Des équipes de l’OMS seront dépêchées dans ces pays pour tenter de comprendre le schéma de transmission. »
Le Canada continue de surveiller la situation de très près
Lors d’une conférence de presse le 24 février, l’Agence de la santé publique du Canada a de son côté indiqué être prête avec un plan de préparation et d’intervention « à l’éventualité d’une plus vaste transmission », c’est-à-dire une pandémie.
« La Chine demeure l’épicentre de l’éclosion, mais le virus se transmet maintenant à l’échelle communautaire dans plusieurs pays qui n’ont pas été en mesure de détecter et de confiner les cas importés », a signalé le Dr Howard Njoo, sous-administrateur en chef de la santé publique.
D’autre part, les Canadiens qui sont en quarantaine sur la base militaire de Trenton ainsi qu’au NAV Centre à Cornwall se portent bien et sont en santé selon les autorités canadiennes. Une partie de ceux-ci ont séjourné à Wuhan, et devraient quitter la base le 25 février après la fin de leur quarantaine.
(Avec la collaboration d’Annie Labrecque)