Vue vers Mayotte de la ride volcanique et des nombreux édifices qui la composent. Le nouveau volcan est indiqué par une flèche. Campagne MAYOBS
Ce n’est pas tous les jours qu’on assiste à la naissance d’un volcan, comme a pu le faire une équipe de géologues français.
En mai 2018, une série de petits séismes a secoué l’île de Mayotte, dans l’océan Indien. Le 15 mai, l’un d’entre eux, de magnitude 5,8, a carrément semé la panique. Il faut dire que la petite île française, qui fait partie de l’archipel des Comores, n’est pas une zone sismique active et n’avait jamais connu de telles secousses.
Au total, au cours des derniers mois, des milliers de tremblements de terre ont été enregistrés. « Le type de séismes, survenant par essaims, faisait penser à une activité volcanique », rapporte Nathalie Feuillet, géologue à l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP).
Pour en avoir le cœur net, l’équipe de l’IPGP a installé des sismomètres « fond de mer » en février 2019. Puis, quelques semaines plus tard, les scientifiques ont lancé une campagne d’observation à bord du navire océanographique Marion Dufresne, pour récupérer leurs instruments et cartographier la zone où se produisaient les séismes grâce à un sondeur bathymétrique multifaisceaux. À la manière d’un échographe, cet appareil balaie les fonds marins avec une onde acoustique qui se réfléchit sur les reliefs puis retourne vers la surface.