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20 janvier 2021
Temps de lecture : 1 minute

Le Web lent ou l’antimalbouffe numérique

Image: Pexels/Pixabay

Les adeptes du Web lent vivent le moment présent en étant pleinement conscients de ce qu’ils font. Notre chroniqueuse s’en inspire.

Cela peut paraître contre-intuitif pour une chroniqueuse techno, mais je n’aime pas changer mes habitudes technologiques. J’aime que mon ordinateur reste le même, que les boutons soient toujours au même endroit. La vérité, c’est que je vieillis et que je me plais à prendre mon temps. Depuis peu, j’ai encore plus envie que les choses aillent à mon rythme. C’est dans ce contexte que je suis tombée sur le « Web lent » (slow Web, en anglais).

Ce mouvement a suscité l’attention à quelques reprises au cours de la dernière décennie, mais depuis 2018, il semble être tombé dans l’oubli. Il est temps qu’on le ressuscite et qu’on se l’approprie.

Pour comprendre le Web lent, il faut d’abord comprendre ce qu’est le Web rapide : faire défiler des pages pendant si longtemps qu’on s’y perd ; cliquer sur une notification ; lire un article sans prendre la peine de réfléchir ; cliquer encore sur une notification ; consommer compulsivement vidéo après vidéo ; cliquer sur une énième notification. Pour emprunter les mots de l’écrivain Jack Cheng, c’est l’équivalent numérique du sel, du sucre et du gras. C’est la peur de rater quelque chose. C’est le besoin de savoir ce qui se passe à la minute près. Et c’est comme la malbouffe : ça nous laisse avec un sentiment de vide. Et pourtant, une demi-heure après, on recommence.

Les adeptes du Web lent laissent leurs pensées se poser après avoir lu un article, concoctent une argumentation réfléchie dans un billet de blogue, passent du temps de qualité dans un réseau social. Ils vivent le moment présent en étant pleinement conscients de ce qu’ils font.

Depuis quelque temps, j’adopte de nouvelles habitudes. Je ne commence pas la lecture d’un article à moins d’avoir la certitude de le finir. Si un onglet est ouvert depuis plus d’un mois et que je n’y ai pas navigué, je le supprime. Je n’ai aucune notification sur mon cellulaire, mis à part les messages textes. Je regarde sur YouTube des vidéos de plantes qui poussent ou des rénovations de maisons ancestrales qui s’étirent dans le temps.

Le mouvement du Web lent n’est pas qu’une question d’approche ; il se traduit également par des plateformes technologiques. Il y a HTML Energy, une communauté qui mise sur le « pouvoir du HTML » afin de montrer à quel point la création de sites Web peut être simple et directe. Il y a aussi Spire Health, un capteur se fixant sur vos vêtements et qui vous récompense lorsque vous prenez le temps de respirer profondément.

Je vous encourage à créer votre version du Web lent, à vous y ressourcer tout doucement. Faites-en un Web rassurant et apaisant.

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