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Après bien des déboires, le laboratoire AstraZeneca a republié des résultats d’efficacité pour son vaccin anti-COVID.
Au lieu des 79% annoncés en début de semaine, le vaccin serait plutôt efficace à 76% pour prévenir les cas symptomatiques, dès 15 jours après la deuxième dose.
« C’est toujours un très bon vaccin », a commenté l’épidémiologiste américain Anthony Fauci, directeur de l’Institut national des allergies et maladies infectieuses, au vu de ces nouvelles données. D’autant que l’efficacité est de 100 % pour prévenir les formes sévères de la maladie et l’hospitalisation, selon le communiqué, et de 85% pour prévenir les cas symptomatiques chez les personnes de plus de 65 ans.
(Pour rappel, voici ce que signifient ces taux.)
Le laboratoire anglo-suédois a dû retourner à ses calculs, après avoir annoncé lundi 22 mars un taux d’efficacité de 79%. Le hic, c’est que ce taux était basé sur des données « obsolètes » et incomplètes, selon un communiqué des Instituts nationaux américains de la santé. Alors que le vaccin est en cours d’examen par la Food and Drug Administration aux États-Unis en vue de son approbation, les experts du comité indépendant (le Data Safety Monitoring Board) avaient déploré le manque de transparence de la compagnie et s’étaient dits inquiets de l’inexactitude des données.
Sur Twitter, de nombreuses voix, dont celle d’Anthony Fauci, ont ainsi exhorté AstraZeneca à partager les données les plus récentes de ses essais cliniques.
Dear @AstraZeneca
You have the correct data. You had it Monday. It doesn’t take 72 hours to calculate. Please be transparent so we can move on. It’s not your vaccine. It’s you. https://t.co/fo2iVklBli pic.twitter.com/70wu3EKPS4— Eric Topol (@EricTopol) March 24, 2021
Dans son communiqué initial, AstraZeneca se fondait sur une analyse préliminaire menée auprès de 32 000 participants à l’essai de phase 3, aux États-Unis, au Pérou et au Chili, avant la date du 17 février. La nouvelle analyse inclut davantage de données, mais les détails complets ne sont pas encore disponibles. « L’analyse primaire est consistante avec notre analyse préliminaire, et elle confirme le fait que notre vaccin contre la COVID-19 est très efficace chez les adultes, y compris chez ceux de plus de 65 ans. Nous avons hâte de soumettre notre demande pour obtenir l’approbation d’utilisation urgente aux États-Unis et nous nous préparons pour la distribution de millions de doses au travers du pays », a déclaré dans le communiqué Mene Pangalos, vice-président exécutif du département de R&D du laboratoire pharmaceutique.
Une saga délétère
Alors que ce vaccin est efficace et moins onéreux que les vaccins à ARN de Pfizer et Moderna, il pâtit d’une mauvaise réputation, en partie due à des ratés de communication — et de méthodologie — du laboratoire. Dès l’essai clinique de phase 3, des erreurs dans l’administration des doses avaient suscité de la méfiance de la part des experts et du public.
Enfin, début mars, en Europe, plusieurs pays avaient suspendu l’utilisation de ce vaccin par crainte qu’il ne provoque des caillots sanguins graves. L’Agence européenne des médicaments (EMA) a toutefois réexaminé les données et jugé ce vaccin « sûr et efficace », le 18 mars.
De son côté, Santé Canada dit n’avoir reçu aucun signalement d’effet indésirable lié aux plus de 300 000 doses de la version COVISHIELD du vaccin administrées jusqu’à présent au pays, selon Radio Canada.
Approuvé dans plus de 100 pays, ce vaccin est, pour le moment, « en particulier sur le continent africain, le seul qui est disponible en quantités substantielles », a rappelé un expert sud-africain en vaccinologie dans un article publié dans la revue Nature.