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À quel point le bouton « J’aime pas » est-il utile? Notre chroniqueuse explique la controverse entourant son adoption sur différents réseaux sociaux.
Avant de parler du « J’aime pas », commençons par le « J’aime ». Ce bouton est devenu un incontournable du Web ; c’est un moyen relativement standardisé d’exprimer une réaction positive… ou pas. Vous pouvez ainsi aimer une publication Facebook qui vous enchante, mais aussi une mauvaise nouvelle et, malgré l’ambigüité, tout le monde comprendra ce que votre pouce en l’air signifie.
Fait amusant, Adam Bosworth, ingénieur chez Facebook, raconte que le bouton devait au départ s’appeler « Génial », mais qu’il a ensuite été remplacé par « J’aime », plus universel.
Le « J’aime pas » est plus controversé. Facebook ne l’a jamais intégré à sa palette de réactions, tandis que d’autres plateformes, comme Reddit, ont depuis longtemps adopté l’idée en utilisant les votes négatifs comme mécanisme de base pour attribuer une valeur qualitative au contenu. YouTube le propose également, mais l’affichage du nombre exact de « J’aime pas » pour un contenu précis est disparu en novembre 2021 ; seul le créateur de la vidéo a accès à cette donnée. YouTube s’est expliquée en disant vouloir « mieux protéger les créateurs du harcèlement, contribuer à ce que les petits créateurs et ceux qui débutent puissent prospérer et créer un environnement inclusif et respectueux ».
Ce changement n’est pas passé inaperçu ! Il existe des arguments convaincants en faveur du « J’aime pas ». D’abord, il s’agit d’un des rares signaux que les utilisateurs des différentes plateformes Web peuvent employer pour distinguer ce qui est bon de ce qui ne l’est pas. Car en général, les plateformes donnent très peu d’indications aux utilisateurs quant à la qualité du contenu, désireuses qu’ils restent le plus longtemps possible sur la plateforme et que les annonceurs y affichent plus de publicités.
L’internaute est perdant, surtout que notre capacité d’attention semble diminuer d’année en année. Une accumulation de pouces en bas pour signifier qu’un contenu est mauvais nous ferait gagner du temps.
Si l’utilisation du bouton « J’aime pas » peut renforcer le harcèlement en ligne, il m’apparaît jouer un rôle plutôt mineur par rapport aux commentaires hargneux et à la cyberintimidation, qui nécessitent l’attention particulière de YouTube et auxquels la plateforme a l’air de porter peu d’intérêt. S’attaquer au symbole du pouce est peut-être plus facile ?