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13 avril 2022
Temps de lecture : 2 minutes

Archéologie expérimentale: le mystère des pointes iroquoiennes

Image: Shutterstock

Pourquoi les Iroquoiens du Saint-Laurent ont-ils disparu? La réponse pourrait se trouver dans les pointes de leurs flèches.

Avec l’archéologie expérimentale, Frédéric Hottin, du Musée d’archéologie de Roussillon, tente de percer le mystère des Iroquoiens du Saint-Laurent. « Ils étaient distincts des autres, comme les Hurons ou les Mohawks, par leur langue, leur culture et peut-être aussi sur le plan politique. Jacques Cartier les avait rencontrés lors de son voyage, mais quand Samuel de Champlain est arrivé au même endroit [quelque 60 années plus tard], il n’y avait plus personne. On ignore la raison de leur départ de la vallée du Saint-Laurent. Y a-t-il eu une épidémie, une guerre ? » se demande l’archéologue.

Un élément de réponse pourrait se trouver dans les pointes de leurs flèches. Les Iroquoiens du Saint-Laurent utilisaient presque exclusivement des pointes en os contrairement aux peuples des alentours, qui se servaient plutôt de pointes en pierre. C’est peut-être ce choix qui aurait précipité leur chute ; une pointe en os est moins efficace pour combattre l’ennemi. « Je vais tenter de savoir si cette hypothèse tient la route », dit Frédéric Hottin.

L’archéologue a fait appel à l’expertise de Martin Lominy pour reproduire les pointes en os et en pierre. Des artéfacts ont été étudiés pour s’assurer que les pointes et les flèches étaient similaires en termes de forme et de poids. « Les Autochtones combattaient souvent avec une armure. Celle-ci était composée de baguettes de bois entrelacées étroitement avec de la corde faite de plantes comme l’asclépiade. Cela peut sembler primitif, mais c’était très solide et efficace contre les flèches », décrit Frédéric Hottin.

S’il ne croit pas nécessairement que l’adoption des pointes en os ait précipité le départ des Iroquoiens du territoire, il émet une hypothèse à ce sujet. « Peut-être que les pointes en os sont meilleures pour passer à travers l’armure des ennemis tandis que les pointes en pierre vont éclater sur l’armure ? » Cela pourrait expliquer leur préférence pour les pointes en os dans les combats… mais pas leur disparition soudaine.

Des tests préliminaires ont été effectués en tirant des flèches munies de différentes sortes de pointes sur des blocs de gel balistique, dont certains étaient recouverts d’une couche imitant l’armure des combattants. La suite de cette expérience se déroulera plus tard dans l’année et fournira peut-être de nouvelles pistes.

À gauche: artéfact, pointe en os biseauté découverte sur le site du village iroquoien McDonald à Saint-Anicet. À droite, reproduction d’une pointe en os biseauté pour expérimentation. Images: Musée d’archéologie de Roussillon et Répertoire du patrimoine culturel du Québec

À gauche, artéfact d’une pointe triangulaire en pierre taillée (chert) provenant de l’île Saint-Bernard, à Châteauguay. À droite, reproduction d’une pointe en os biseauté pour expérimentation. Images: Musée d’archéologie de Roussillon et Répertoire du patrimoine culturel du Québec

Tests de fabrication de pointes en os biseauté à l’aide d’outils en pierre. Image: Musée d’archéologie de Roussillon

Première série de tests préliminaires. Tir avec un arc de type iroquoien avec des reproductions de flèches à pointe en pierre taillée et de flèches modernes pour comparaison des performances. Image: Musée d’archéologie de Roussillon

 

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