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31 janvier 2023
Temps de lecture : 1 minute

Le fatras de mon Drive, le fatras de la planète

Image: Mohamed Hassan/Pixabay

Notre désordre numérique affecte notre empreinte carbone. Un Internet plus vert est-il possible?

« Votre espace de stockage est plein à 86 % », m’annonce Google depuis des semaines. Il faudrait que je fasse du ménage, mais la tâche me rebute. Entre mes documents pêle-mêle et mes courriels vieux d’une décennie, je ne sais pas par quel bout commencer.

Il faudrait pourtant que je m’y mette, et vite. En plus des frais annuels qui s’accumulent depuis que j’ai dépassé les limites d’un compte gratuit, c’est aussi mon empreinte carbone qui s’accroît. En 2018, le laboratoire d’idées français The Shift Project publiait un rapport révélant que les technologies de l’information sont responsables de 3,7 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, une proportion qui devrait doubler avant 2025. C’est simple : le nuage informatique a une plus grande empreinte carbone que l’industrie aérienne, selon le MIT Press Reader. Bref, mon désordre numérique contribue à faire fondre les glaciers !

Que faire ? Dans les dernières années, les géants du Web ont promis de décarboner leurs opérations. Pour y arriver, l’un passe à l’électricité verte, l’autre optimise ses algorithmes et l’on plonge même des serveurs dans l’océan pour les garder au frais. Sauf que le travail est loin d’être terminé. Une analyse parue dans Nature en 2020 révélait que ces entreprises ne rapportent que la moitié de leurs émissions, omettant par exemple celles liées à leurs déchets ou à un sous-traitant. Et si mon espace de stockage continue de se remplir, comme celui d’autres utilisateurs, il faudra construire encore plus de centres de données, même verts. Va-t-on en couvrir la planète ?

Est-ce à moi d’adopter un mode de vie plus écologique ? Devrais-je écouter des vidéos à plus bas­se résolution, me désabonner des infolettres auxquelles j’ai été abonnée contre mon gré ? Est-il temps de faire le ménage de mes fichiers (soupir) ? Une difficulté subsiste : il faut travailler fort pour accomplir tout cela.

La promesse des entreprises technologiques est de nous simplifier la vie. Pourquoi Google ne m’offre-t-il pas un outil pour faciliter le ménage de mon Drive ? Serait-ce parce que mon fatras est bon pour son modèle d’affaires ?

Soyons honnêtes : ce n’est pas ma pile de documents numériques qui cause la crise clima­tique. À la voir grossir, je constate qu’elle est plutôt le symptôme d’un problème plus large. Et la solu­tion, dans les deux cas, est la même : la sobriété. Les ressources planétaires à notre disposition −et la taille de mon espace de stockage − ne sont pas infinies. Pour respecter ces limites, il est temps de mettre un frein à la croissance à tout prix. C’est ainsi que nous parviendrons à un Internet le plus vert possible, pour de vrai.

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