Le gagnant, Vincent Taboga Photo: : Hombeline Dumas / Acfas
Quelque 21 finalistes ont conquis le public et le jury lors de la finale nationale 2023 du concours Ma thèse en 180 secondes, qui s’est tenue le 10 mai à HEC Montréal.
Voilà plus de 10 ans que ce concours de l’Acfas rassemble chaque année des doctorants et doctorantes venus de tout le Canada pour relever un défi de taille : résumer en seulement trois minutes plusieurs années de recherche. Le jury évalue divers critères comme les talents à l’oral, la vulgarisation, la clarté de l’exposé, les touches d’humour et, bien sûr, le respect du chronomètre.
Des changements climatiques à l’époque de Néandertal jusqu’au mode d’emploi pour sauver votre couple lors de l’arrivée d’un premier enfant, les 21 finalistes nous ont fait voyager d’un sujet à l’autre avec des présentations aussi diverses que passionnantes.
Une IA pour se garder au chaud
Le premier prix a été attribué à Vincent Taboga, de Polytechnique Montréal. Sa présentation portait sur le développement d’une intelligence artificielle qui permettrait d’adapter le chauffage des habitats en fonction de la demande, notamment lors de pointes hivernales.
Par une pirouette humoristique, il nous a fait comprendre toute la subtilité d’entraîner une telle IA : il a comparé son algorithme à Juliette, une adorable fillette de huit mois qui « tente régulièrement d’arracher la tête de sa poupée en la frappant par terre ». Selon lui, une IA doit, comme Juliette, interagir avec son environnement pour apprendre peu à peu quelles actions vont lui permettre d’atteindre son objectif. « Mais est-ce que vous laisseriez Juliette contrôler le chauffage chez vous ? » lança-t-il à un public hilare.
Il a ensuite expliqué que le contrôle du chauffage de tout un bâtiment était en fait un problème assez complexe, qui comprend de nombreuses variables ; le plus optimal serait donc de diviser la tâche entre plusieurs IA, et chacune contrôlerait le chauffage d’une seule pièce sous la direction d’une « super-IA » qui superviserait le tout. Son système a déjà porté ses fruits sur des bâtiments virtuels ; reste à savoir s’il fonctionne sur des bâtiments bien réels.
Télépathie nouveau genre
Le second prix a été obtenu par Samuel Calmels, de l’Université McGill. Son projet de doctorat vise à mettre sur pied un protocole pour valider une hypothèse pour le moins surprenante : celle que notre cerveau pourrait parvenir à « capter les champs électromagnétiques produits par un autre cerveau ». Autrement dit, que l’on pourrait interagir avec une personne située dans une autre pièce sans émettre le moindre son, par le simple intermédiaire d’ondes naturellement émises par nos cerveaux. Bien que le mot télépathie nous vienne à l’esprit, il ne s’agit pas d’un canular : sa recherche est très sérieuse, et ses premiers résultats semblent confirmer cette hypothèse digne d’un film de science-fiction !
Aurélien Caron, de l’Université du Manitoba, a quant à lui su transporter le jury dans une histoire comique qui lui a fait décrocher le troisième prix. Celle-ci mettait en scène Maurice, un poisson-zèbre qui subit un grave accident de voiture, mais qui est finalement sauvé par des cellules-souches qui arrivent à la rescousse de son cerveau endommagé pour le régénérer.
Le prix du public a, enfin, été décroché par Ophélie Martinie de l’Université Laval, pour sa présentation sur la cartographie du cerveau des enfants atteints de paralysie cérébrale.
Vincent Taboga représentera le Canada lors de la finale internationale de Ma thèse en 180 secondes qui se déroulera à Rabat, au Maroc, le 5 octobre prochain.