Que cherchez-vous ?

Publicité
30 novembre 2023
Temps de lecture : 1 minute

Les taxis autonomes : pour ou contre ?

Logo de la chronique Technopop. Portrait illustré de la journaliste Gabrielle Anctil en noir et blanc.

Notre chroniqueuse techno se demande : les villes ont-elles réellement besoin de ces voitures autonomes?

Il est très facile d’embrouiller une voiture autonome. Voici comment y parvenir en deux étapes simples : trouvez un cône orange dans la rue, puis placez-le sur le capot d’une voiture autonome. La voilà immobilisée ! Il suffit ensuite de répéter ces deux étapes sur d’autres véhicules autonomes.

Ces instructions se retrouvent dans une vidéo publiée par le regroupement Safe Street Rebel, qui lutte pour « la fin de la domination automobile » à San Francisco, où des robotaxis offrent leurs services 24 heures sur 24 depuis août dernier. L’arrivée de cette nouvelle techno­logie a été pour le moins chaotique : les rapports décrivant des véhicules qui provoquent de la confusion, des bouchons, voire qui bloquent la voie d’autobus ou de véhicules d’urgence, se sont multipliés. D’où l’idée du regroupement de condamner des voitures autonomes à l’arrêt grâce aux cônes de circulation, qui gênent la vision des systèmes. « Vous venez de créer une licorne ! » lit-on dans la description de la vidéo, et c’est bien de cela que les véhicules ont l’air avec leur corne orange.

Les activistes devraient-ils simplement faire preuve d’un peu de patience pendant que la technologie se raffine ? L’une des promesses de ces voitures est de sauver des vies. La conduite automobile est en effet une activité notoirement dangereuse : 392 personnes ont perdu la vie et 1275 ont été gravement blessées sur la route en 2022 au Québec. N’est-il pas temps de diminuer les risques ?

À ce jour, les véhicules des deux entreprises de robotaxis de San Francisco, Waymo et Cruise, ont parcouru près de 13 millions de kilomètres et n’ont été impliqués que dans 102 collisions, rapporte Ars Technica. « Dans la plupart des cas, les collisions se sont produites à faible vitesse et ne présentaient pas de risque sérieux pour la sécurité », note le journaliste. Il relève cependant qu’un être humain conduira environ 160 millions de kilomètres avant d’être impliqué dans une collision fatale. Impossible, donc, pour le moment de tirer une conclusion sur la sécurité des voitures autonomes.

Mais les villes ont-elles réellement besoin de ces voitures ? La popularisation des véhicules autonomes, même électriques, viendrait d’ailleurs alourdir l’empreinte carbone de nos déplacements, selon un rapport du Massa­chusetts Institute of Technology. La faute en reviendrait à la puissance de calcul nécessaire pour remplacer l’être humain au volant. Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, il faudrait plutôt réduire le nombre de voitures, tout types confondus.

Au Québec, la question ne devrait pas se poser de sitôt : les robots routiers ont encore très peu d’expérience sur les routes en hiver. En attendant, il vaut peut-être mieux nous tourner vers des technologies éprouvées pour nous déplacer. Un petit tour d’autobus, quelqu’un ?

Publicité