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16 janvier 2024
Temps de lecture : 1 minute

On sait enfin comment les chats ronronnent!

Photo: Shutterstock

La voix mystérieuse du chat, que Charles Baudelaire décrit si bien, intrigue les poètes… et les scientifiques. Comment un animal si petit peut-il produire un ronronnement si grave ?

Quand il miaule, on l’entend à peine,
Tant son timbre est tendre et discret ;
Mais que sa voix s’apaise ou gronde,
Elle est toujours riche et profonde.

Une équipe européenne, menée par un spécialiste de la voix à l’Université de Vienne, Christian Herbst, semble avoir enfin élucidé
la question. Le secret de cette vibration à très basse fréquence tiendrait à la présence, sur les cordes vocales du félin, de petits coussinets de tissu conjonctif. Ces amortisseurs de quatre millimètres de diamètre « changent les propriétés bio­mécaniques des cordes vocales, ce qui abaisse leur fréquence de vibration », explique le chercheur, dont l’article est publié dans Current Biology.

Pour rappel, les plis vocaux (nom scientifique des cordes vocales) sont constitués d’un muscle et d’un ligament recouverts d’une muqueuse. Au nombre de deux, ils sont tendus comme un V à l’horizontale derrière la pomme d’Adam. « Pendant la respiration, les cordes vocales sont séparées, et pendant la vocalisation, elles sont accolées », précise Christian Herbst.

Quand on parle – ou miaule –, l’air expiré pousse contre ces « portes » fermées et les fait vibrer. De la même manière qu’une corde de violon résonne plus haut que celle d’une contrebasse, les animaux plus petits, aux plis vocaux plus courts, poussent des cris plus aigus que les gros animaux. Les chats émettent donc des miaulements aigus. Cependant, lorsqu’ils ronronnent, leur larynx ne laisse passer qu’un faible filet d’air. Celui-ci ne fait vibrer que la partie médiane de leurs plis vocaux, justement « rembourrée » par les coussinets denses.

Pour arriver à cette conclusion, l’équipe n’a malheureusement caressé aucun matou. Elle a plutôt disséqué le larynx de huit chats ayant été euthanasiés pour cause de maladie. En faisant passer de l’air humide dans les larynx inertes, les scientifiques ont réussi à produire des ronron­nements à des fréquences comprises entre 25 et 30 hertz, ce qui est bien plus grave que la voix humaine (de 75 à 300 Hz environ).

Le son a ainsi été obtenu sans contribution nerveuse ni contraction musculaire, invalidant l’idée que le ronronnement soit issu d’une contraction active et répétée des cordes vocales. Le ronronnement est donc un mode de vocalisation « par défaut », comme la parole des humains et la plupart des cris des mammifères. Reste à comprendre pourquoi certains animaux, dont plusieurs félins, ronronnent, et d’autres pas.

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