Ça y est : l’époque où il fallait effectuer une chirurgie avec une épingle sur notre téléphone pour changer la carte SIM – cette petite carte à puce qui permet de se connecter à un réseau téléphonique – est révolue ! Enfin… presque.
On peut remercier pour ça les eSIM. Les circuits de ces cartes sont intégrés au téléphone et on les connecte au réseau de n’importe quel opérateur à l’aide d’un simple code QR. J’ai découvert cette technologie, développée en 2012 et commercialisée en 2018, lors d’un voyage à l’étranger. Plus besoin de payer des frais d’itinérance exorbitants : il suffit désormais de télécharger une application comme Airalo ou Nomad, d’acheter un forfait pour le pays que l’on s’apprête à visiter et nous voilà connectés.
Pour les fabricants, les eSIM libèrent un espace précieux dans les téléphones, où chaque millimètre carré permet de faire entrer plus de fonctionnalités. Les eSIM sont aussi fréquemment intégrées à des montres connectées, des voitures ou même des compteurs intelligents, ce qui leur permet de transmettre des données via un réseau cellulaire. De fait, la technologie est sur le point de devenir omniprésente : en 2022, Apple annonçait se débarrasser des cartes SIM physiques dès l’iPhone 14.
Avec la popularisation de cette technologie sont aussi apparus des usages inattendus. Un exemple : la militante égyptienne Mirna El Helbawi a lancé, sous la coupelle de l’OBNL Connecting Humanity, la campagne #ConnectingGaza qui permet à des Gazaouis de contourner le blocus de communication imposé par Israël, grâce à des eSIM connectées à des réseaux israéliens ou égyptiens. Plus de 150 000 de ces cartes virtuelles avaient été téléchargées en janvier 2024, rapportait le journal Le Monde. Cette action a des effets concrets sur la population locale. Même lors des black-out, il devient possible de prendre des nouvelles de ses proches ou de coordonner les secours.
Pour le moment, la technologie demeure complexe d’utilisation. S’il suffit de déplacer la carte SIM d’un appareil à l’autre pour transférer un numéro de téléphone, un transfert semblable n’est pas encore aussi simple pour les eSIM.
Quoi qu’il en soit, grâce à leur accessibilité virtuelle, les eSIM aident autant les populations à survivre en zone de guerre que les touristes à trouver le meilleur endroit pour se faire bronzer.