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30 août 2024
Temps de lecture : 1 minute

Fabriquer son matériel de labo grâce à la technologie ouverte

Logo de la chronique Technopop. Portrait illustré de la journaliste Gabrielle Anctil en noir et blanc.

Des scientifiques réinventent la fabrication en partageant librement leurs plans, unissant innovation, écologie et collaboration. Notre chroniqueuse nous parle de cette tendance émergente.

Il y avait quelque chose d’un peu fantaisiste au Open Hardware Summit, qui s’est tenu à l’Université Concordia en mai dernier. Sur scène se sont enchaînées des présentations sur la fabrication d’un respirateur destiné aux malades de la COVID-19 et sur un instrument de musique récupérant les pièces d’une vapoteuse, entre autres. Clairement, j’étais entourée de pros de la patente.

Le point commun de toutes ces présentations, c’est leur attachement au concept de « matériel ouvert » – soit l’offre sous licence libre de plans d’appareils afin d’en permettre la reproduction. Bref, des cousins du mouvement de code source ouvert.

Dans le milieu universitaire, ce mouvement a le vent dans les voiles. Munies d’une imprimante 3D, les scientifiques développent des versions abordables de divers équipements de laboratoire, comme des microscopes.

Le mouvement attire aussi l’attention de poids lourds privés : dès 2014, le PDG de Tesla, Elon Musk, lançait : « Tous nos brevets vous appartiennent. » Se déclarant motivé par le désir d’accélérer l’avènement du transport durable, Musk promettait que « Tesla n’engagerait pas de poursuites à l’encontre des personnes qui, de bonne foi, utilisent notre technologie ». La compagnie a cependant enfreint ses propres promesses en 2023 en poursuivant une entreprise australienne pour bris de propriété intellectuelle…

Un article de 2019 démontrait pourtant que les entreprises, en particulier les jeunes pousses, ont tout à gagner à rendre leurs brevets publics et à encourager des communautés à s’en emparer. Cette approche permettrait de « réduire les coûts de développement et de vente des produits [et de] raccourcir leur délai de mise en marché », expliquent les signataires, des scientifiques du MIT. De quoi largement compenser pour les risques liés à la stratégie ouverte.

Je vois aussi un côté écologique à ce mouvement. Car pour que les plans soient réellement ouverts, la réflexion doit prendre forme dès l’étape du design, avec le choix de pièces et de méthodes de fabrication reproductibles. Voilà qui appelle à la standardisation – une nouvelle qui a de quoi réjouir quiconque s’est déjà débattu en réparant un appareil pour lequel même les vis sont sous brevet (je te regarde, Apple !). Les plans en main, nous pouvons aussi plus facilement trouver une seconde utilité aux pièces d’un appareil devenu obsolète. Un rêve pour les adeptes d’économie circulaire.

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