Photo de la comète C/2023 A3 Tsuchinshan-Atlas prise à Cap-Rouge le 13 octobre 2024. Crédit: Philippe Moussette
Depuis quelques jours, la comète Tsuchinshan-ATLAS est visible à l’œil nu vers l’ouest, peu après le coucher du Soleil. Elle le sera encore cette semaine, même si elle perd progressivement sa luminosité.
Avez-vous jeté un coup d’œil au ciel le soir? La comète Tsuchinshan-ATLAS est visible à l’œil nu ou aux jumelles… et elle ne le sera plus avant 80 000 ans. Profitez-en cette semaine!
Elle est visible au-dessus de l’horizon lorsque la nuit tombe, vers l’ouest. Elle se rapproche ensuite rapidement de l’horizon, mais on distingue très bien le « noyau » lumineux et une queue spectaculaire.
Une comète est une boule de glace et de poussières qui orbite autour du Soleil, en suivant une orbite très elliptique. Lorsqu’une comète s’approche du Soleil, elle se réchauffe : sa glace se sublime en gaz, c’est-à-dire qu’elle passe directement de l’état solide à l’état gazeux. Sous l’effet de cette « vaporisation », le noyau libère jusqu’à plusieurs centaines de tonnes de poussière par seconde.
Les comètes, à l’approche du Soleil, arborent en général deux queues, qui peuvent être légèrement séparées. La première est la traînée de poussières; la seconde, celle de gaz. En raison du rayonnement solaire, les gaz sont ionisés (deviennent chargés électriquement), et « poussés » par le vent solaire. Cette deuxième queue est donc soufflée loin du Soleil et se décale.
Contrairement aux « étoiles filantes », les comètes ne semblent pas se déplacer dans le ciel lorsqu’on les observe à l’œil nu, du fait de leur distance.
D’où viennent les comètes?
Selon la Nasa, on a répertorié à ce jour plus de 3700 comètes. Le caractère imprévisible et irrégulier des comètes leur a donné par le passé une mauvaise réputation. Elles étaient accusées au Moyen Âge d’annoncer une famine, une épidémie ou la mort d’un souverain. Aujourd’hui, l’apparition de nouvelles comètes reste aléatoire, mais on sait calculer leurs trajectoires qui suivent des orbites souvent immenses, très allongées. Car ces cailloux gelés viennent de loin, d’un gigantesque «réservoir» baptisé nuage d’Oort, situé en périphérie du Système solaire, à une distance de 5 000 à 10 000 unités astronomiques du Soleil (de 5 000 à 10 000 fois la distance Terre-Soleil).
La limite externe de ce nuage sphérique, contenant des milliards de comètes, pourrait même se situer à une année-lumière de distance. N’ayant jamais été observé par les instruments astronomiques, le nuage d’Oort est hypothétique, mais des «amas de débris» similaires ont déjà été repérés en périphérie d’étoiles lointaines. Figées dans ce grand congélateur, les comètes sont de temps à autre perturbées par les mouvements d’autres étoiles proches du nuage. De quoi les déstabiliser et les faire plonger vers le Soleil, dont la force d’attraction est irrésistible.
Les comètes périodiques, qui repassent tous les 200 ans et moins, et dont les orbites sont donc plus petites, viennent d’un autre réservoir, situé au-delà de Neptune, la ceinture de Kuiper. Beaucoup plus proche que le nuage d’Oort, cette ceinture en forme de disque plat se situe entre 30 et 55 unités astronomiques du Soleil. Ce sont les perturbations gravitationnelles engendrées par les planètes géantes (dont Jupiter et Neptune) qui modifient à l’occasion l’orbite d’un de ces corps, le précipitant vers le Soleil. Ces comètes périodiques ont une durée de vie limitée (pas plus de quelques millénaires), puisqu’elles «fondent» un peu plus à chaque passage.