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09 janvier 2025
Temps de lecture : 2 minutes

Réparer le cerveau après un AVC

Après un AVC, la quantité de PDGF dans les vaisseaux sanguins du cerveau augmente progressivement. Photo: ElAliLab

Les accidents vasculaires cérébraux peuvent laisser de lourdes séquelles. Une molécule dont le rôle vient d’être clarifié pourrait limiter les dégâts en facilitant les processus naturels de réparation.

Photo: ElAliLab

« C’est comme un S.O.S. que les vaisseaux sanguins du cerveau envoient », lance Ayman ElAli. Ce chercheur de l’Université Laval et ses collègues ont mis en lumière un « signal de détresse » qui se met en branle dans les jours qui suivent un accident vasculaire cérébral (AVC). Et la découverte de ce mécanisme pourrait ouvrir la voie à un traitement pour améliorer le rétablissement des patients et des patientes. L’idée : renforcer ce signal pour encourager la réparation naturelle du cerveau.

Dans une étude parue en mai 2024 dans la revue Cellular and Molecular Life Sciences, l’équipe du neurobiologiste s’est penchée sur une protéine, appelée PDGF-D (platelet-derived growth factor de type D), impliquée dans la réparation des tissus lésés à la suite d’un AVC. Bien qu’elle ait été découverte il y a une dizaine d’années, son rôle était inconnu… jusqu’à aujourd’hui.

Elle est produite en grande quantité par les cellules des vaisseaux sanguins après un AVC ischémique, soit le type d’AVC le plus fréquent, qui survient lorsqu’une artère est obstruée par un caillot, par exemple. Inadéquatement oxygénée, une région plus ou moins importante du cerveau est alors endommagée.

Or, l’équipe a constaté que des souris qui subissent un AVC et à qui on administre de la PDGF-D par vaporisateur nasal s’en tirent mieux que les autres. Soumis à des tests de motricité, plusieurs de ces animaux rebougent même normalement ! « Un signe de récupération fonctionnelle et structurelle », note Romain Menet, qui a mené la plupart des expériences dans le cadre de son doctorat. À l’inverse, chez des souris chez qui on limitait l’expression spontanée de PDGF-D, des séquelles plus lourdes ont été constatées.

La piste est prometteuse et pourrait aider à réduire les séquelles physiques et cognitives souvent associées aux AVC. À l’heure actuelle, une fois le caillot délogé et le débit sanguin rétabli, aucun traitement n’existe pour atténuer les lésions. « Si on intervient adéquatement pour aider le cerveau à se réparer, les patients vont mieux récupérer à long terme ! » résume Ayman ElAli, qui se permet de rêver que ce traitement soit aussi efficace chez les humains. D’autant plus que l’administration par voie nasale en fait une approche très peu invasive.

C’est dans la semaine qui suit l’AVC que le cerveau tente de s’autoréparer. Cela constitue donc une fenêtre thérapeutique intéressante pour lui donner un coup de pouce, estime l’équipe.

Comment la PDGF-D aide-t-elle à rétablir la circulation ? En analysant le cerveau des souris au niveau cellulaire, les scientifiques ont compris que cette molécule appelait certaines cellules, les péricytes, à la rescousse. Les péricytes travaillent de concert avec les cellules qui tapissent les vaisseaux pour former de nouveaux vaisseaux sanguins fonctionnels, explique Ayman ElAli.

Quelque 130 000 Québécois et Québécoises ayant subi un AVC vivent avec un fardeau, parfois invisible, parfois lourd à porter. Ayman ElAli espère que plus d’attention sera portée à cette affection grâce à cette découverte.

Romain Menet, Maxime Bernard et Sarah Lecordier. Photo: ElAliLab

 

Ont aussi participé à cette découverte : Maxime Bernard et Sarah Lecordier (Université Laval et Centre de recherche du CHU de Québec).

L’avis du jury

En stimulant la réparation des vaisseaux, cette thérapie potentielle, qui n’aurait pas besoin d’être administrée en toute urgence, semble prometteuse. D’autant que l’on connaît maintenant précisément son mécanisme d’action !

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