Image: Gerd Altmann/Pixabay
Notre chroniqueur tourne la page sur 2020 avec ces nouvelles environnementales porteuses d’espoir.
L’an dernier, à pareille date, j’écrivais que l’année 2019 avait été terrifiante. Peut-être aurais-je dû me garder une petite gêne. Comment qualifier 2020, sinon qu’elle fait partie de ces années qu’on voudrait oublier? Pandémie, incendies de forêt en Australie et sur la côte Ouest américaine, émissions de gaz à effet de serre (GES) à la hausse après une brève accalmie, rapport attestant la perte des deux tiers des populations animales en moins de 50 ans… Et comble de malheur, nous pourrions atteindre temporairement une hausse des températures enregistrées sur la planète de 1,5 °C au cours des cinq prochaines années…
À travers ce bruit de fond troublant, peut-on encore trouver de bonnes nouvelles en matière d’environnement? Permettez-moi d’essayer, question de susciter un peu d’espoir en ce début de nouvelle année.
- La Chine donne le ton : son gouvernement souhaite atteindre la carboneutralité avant 2060. Si cet engagement survit au test du temps, cela pourrait contribuer à diminuer la température moyenne mondiale de 0,25 °C d’ici la fin du siècle tout en maintenant la croissance économique chinoise à moyen terme. Le Japon et la Corée du Sud ont d’ailleurs fait des annonces similaires.
- La science contre-attaque! Le nouveau président des États-Unis, Joe Biden, a non seulement fait référence à la science trois fois plutôt qu’une dans son discours de victoire, mais il a également promis de réintégrer l’Accord de Paris, que son pays a officiellement quitté le 4 novembre 2020. J’aime!
- Soixante-quatre leaders mondiaux (dont le Canada) se sont engagés à réduire la perte de biodiversité à travers le monde. Diminution de la déforestation, élimination des mauvaises pratiques de pêche, adoption de pratiques basées sur l’économie circulaire : espérons que ces mesures, et bien d’autres, tiennent la route.
- Jamais l’énergie solaire n’a été aussi bon marché : c’est ce que nous a appris le rapport annuel sur les perspectives énergétiques de l’Agence internationale de l’énergie. Dans la plupart des pays, les installations solaires photovoltaïques sont désormais moins coûteuses que les nouvelles centrales électriques au charbon ou au gaz.
- Une nouvelle électrisante : la Compagnie électrique Lion de Saint-Jérôme vendra ses camions à ordures électriques à la troisième compagnie en importance de collecte des ordures en Amérique, située au Texas − rien de moins!
- L’île d’Anticosti dans la cour des grands? La plus grande île du Québec est dans la course pour un classement au patrimoine mondial de l’Unesco. Plusieurs étapes doivent encore être franchies pour y arriver, mais l’appui du gouvernement québécois en vue de meilleures pratiques durables, notamment en foresterie, a permis de remplir l’une des exigences pour l’obtention du précieux titre.
- Fini le plastique! Depuis le 1er octobre 2019, les sacs de plastique ont été retirés des caisses de tous les détaillants IGA du Québec et du Nouveau-Brunswick. Un petit sac en moins, un grand pas pour l’environnement!
- Wô, les moteurs! La Californie a annoncé que, dès 2035, il ne sera plus possible pour les concessionnaires automobiles de vendre sur son territoire des voitures équipées d’un moteur à combustion. Comme c’est l’État où l’on achète le plus de véhicules aux États-Unis, voilà une pratique qui contribuera à la réduction des émissions de GES.
- Laudado si’. Cinq ans après son encyclique, l’appel du pape François à agir sur la crise climatique et socioenvironnementale semble porter ses fruits, alors que plusieurs organisations catholiques désinvestissent des énergies fossiles. Amen!
- L’Australie-Méridionale, championne du solaire. L’État qui m’a accueilli pour mes études doctorales est devenu la première administration mondiale à avoir comblé entièrement ses besoins énergétiques pendant une heure par l’énergie solaire! Bien que bref, cet exploit pourrait bien être répété sur des périodes de plus en plus longues.
- L’économie circulaire s’invite chez IKEA, qui a mis en place un système de rachat de certains meubles, en plus de commencer à offrir un service de réparation et de remise en état. De plus, la chaîne a créé une succursale où ne sont vendus que des articles usagés. Petite clé IKEA en sus…
- Qu’il s’agisse de la population de caribous migrateurs de la rivière George au Québec ou encore de la réintroduction du diable de Tasmanie en Australie, les efforts de conservation d’un bout à l’autre du globe donnent des résultats, alors que ces espèces reprennent du poil de la bête!
- Une équipe de chercheurs a montré que le travail de protection des habitats marins et les pratiques de pêche plus durables au fil des dernières décennies ont amélioré l’état de certains écosystèmes marins. Les chercheurs affirment qu’il serait même possible, avec des efforts soutenus, de reconstituer l’abondance et la diversité de nos océans d’ici 30 ans.
- Beauté, résilience et espoir. Le Miharu Takizakura ou cerisier pleureur fleurit toujours au Japon… après plus de 1 000 ans d’existence. Cet arbre majestueux qui a survécu à mille et une calamités nous offre une superbe métaphore après une année si difficile.
Certes, 2020 aura été tout sauf facile. À l’aube d’une nouvelle année pleine d’inconnues, laissons-nous inspirer par ce qui est possible et ne ménageons pas les efforts pour que la décennie qui s’amorce soit ancrée dans une véritable transition socioenvironnementale.
Les opinions exprimées dans cette chronique n’engagent que leur auteur.