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26 septembre 2023
Temps de lecture : 2 minutes

Un petit bout d’astéroïde maintenant sur Terre

La capsule de la mission OSIRIS-REx de la NASA est vue peu après son atterrissage dans le désert, le 24 septembre 2023, dans le désert de l’Utah. Photo: NASA/Keegan Barber

Mission réussie : OSIRIS-REx a livré avec succès un précieux échantillon de l’astéroïde Bennu.

C’est le moment culminant de la mission spatiale américaine OSIRIS-REx : une capsule contenant 250 grammes de sol prélevé sur l’astéroïde Bennu est arrivée dans le désert de l’Utah le 24 septembre dernier. De là, elle a été soigneusement emballée et transportée jusqu’aux installations du Centre spatial Lyndon B. Johnson de la NASA, au Texas.

Les scientifiques espèrent obtenir des clés pour comprendre l’origine et l’évolution du Système solaire et de la Terre, expliquait en conférence de presse John Moores, conseiller scientifique à l’Agence spatiale canadienne (ASC) : « L’analyse des fragments de Bennu permettra de remonter le temps et d’explorer la formation même du Système solaire ». Rien de moins!

L’échantillon devrait révéler « plusieurs molécules organiques à analyser et possiblement de l’eau, c’est-à-dire des ingrédients essentiels à la formation de la vie », soulignait quant à elle Caroline-Emmanuelle Morisset, scientifique de programme en développement de l’exploration spatiale à l’ASC. Elle ne serait pas étonnée que certains constituants de l’échantillon soient plus vieux que le Système solaire lui-même.

La principale préoccupation des scientifiques : préserver le fragment d’astéroïde de tout contact avec l’atmosphère terrestre. C’est ce qui le rend si précieux et rare. Pour éviter les contaminations par des métaux ou des matières organiques terrestres, les manipulations s’effectueront dans une salle blanche où l’environnement est contrôlé. L’échantillon sera manipulé dans un boîtier vitré en présence d’azote, un gaz inerte qui ne réagit pas avec l’échantillon lui-même et qui empêche les interactions avec l’atmosphère.

« On travaille de cette façon pour garantir l’intégrité des présentes analyses, mais aussi pour préserver l’échantillon pour les décennies à venir. On prévoit de faire des découvertes pendant encore longtemps », dit Michael Daly, chercheur à l’Université York et scientifique en chef de l’altimètre laser d’OSIRIS-REx.

Le Canada devrait recevoir entre 6 et 14 grammes de l’astéroïde Bennu. « On peut faire beaucoup de science avec un échantillon de cette taille », conclut Michael Daly. À titre de comparaison, la mission japonaise Hayabusa2 a ramené en 2020 un échantillon de 5,4 grammes de la surface de l’astéroïde Ryugu. Depuis, de nombreux articles scientifiques continuent d’être publiés à son sujet (dans Nature, Scientific Reports, Science…).

Pour sa part, la sonde OSIRIS-Rex continue son voyage vers sa prochaine cible : l’astéroïde Apophis, qu’elle devrait atteindre en 2029.

Vidéo de l’arrivée de la capsule sur Terre :

 

Pour en savoir plus sur la mission, lisez nos autres articles:

L’astéroïde étudié sous tous ses angles

L’altimètre laser embarqué à bord de la sonde spatiale a accumulé pas moins de 2,7 milliards de mesures pour cartographier la surface de Bennu, fournissant ainsi une carte 3D d’une précision inégalée. Ces données ont d’ailleurs servi à choisir le meilleur site d’échantillonnage. « Bennu est désormais l’objet céleste [autre que la Terre] dont la surface est la plus précisément cartographiée de notre Système solaire », précise Cameron Dickinson, ingénieur principal à l’entreprise MDA et responsable technique de l’altimètre laser OSIRIS-REx.

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