Les exoplanètes ne sont pas faciles à dénicher mais les astronomes en ont quand même débusqué près de 800 dans 624 systèmes solaires. On cherche encore celle qui abrite la vie.
Depuis que nos ancêtres ont, pour la première fois, levé les yeux vers le ciel, l’humanité se questionne. Sommes-nous une exception dans l’Univers? Notre planète est-elle la seule à abriter la vie? Après avoir longtemps été l’apanage des philosophes, ces questions font, depuis quelques dizaines années, partie des préoccupations des scientifiques. Et les récents progrès en astrobiologie nous permettent d’espérer des réponses prochainement.
Nous savons aujourd’hui que la vie résulte de processus physiques et chimiques complexes. Même si plusieurs détails nous échappent encore, il est raisonnable de croire que la vie peut apparaître partout où les conditions adéquates sont réunies. Mais quels sont les environnements propices, et où faut-il les chercher?
Depuis la découverte d’une première planète extrasolaire, au milieu des années 1990, la recherche d’une copie de la Terre est devenue la grande quête de l’astronomie contemporaine. Hélas, on ne trouvera pas une autre planète capable d’abriter la vie en publiant une annonce du genre: «Jolie petite planète bleue d’à peine 4,5 milliards d’années, poids santé, cherche autre Terre pour découverte et plus, si affinités» sur le site de rencontres d’un quelconque Web galactique.
Pour les astronomes ou les planétologues, un «monde habitable» est un monde propice à la naissance d’au moins une forme de vie, même si celle-ci est microscopique. Reste à définir quelles sont les conditions nécessaires à la vie. La plupart des chercheurs ont choisi de considérer a priori «la vie telle que nous la connaissons sur Terre», c’est-à-dire fondée sur la chimie du carbone et de l’eau, plutôt que de spéculer sur des formes de vie étranges comme celles qui sont à base de silicium ou d’ammoniac liquide, chères à la science-fiction.
Cette hypothèse n’est pas aussi restrictive qu’il y paraît. L’histoire de notre planète nous apprend que, à quelques rares exceptions près, trois conditions sont nécessaires à l’existence de la vie. En premier, il faut un environnement modérément stable, comme la surface d’une planète rocheuse avec son atmosphère, ses océans et ses continents. Il faut aussi de l’énergie, qu’elle soit d’origine chimique, thermique ou lumineuse. Enfin, puisque l’eau est à la base de la biochimie terrestre et qu’on n’a pas encore trouvé ni même imaginé une forme de vie qui puisse s’en affranchir, la présence d’eau liquide semble incontournable. C’est à partir de ces trois critères que l’on définit la zone d’habitabilité (voir l’encadré à la page 31).
On a déjà trouvé beaucoup d’exoplanètes et leur nombre augmente rapidement (on en identifie plusieurs centaines chaque année). Elles ne sont pourtant pas si faciles à dénicher. Si on la compare à son étoile, une planète terrestre est minuscule, peu lumineuse et, compte tenu des distances interstellaires, elle semble très, très près de son étoile. Le faible reflet d’une telle exoplanète est donc complètement noyé dans l’éclat de son soleil. Pour un astronome, repérer cette planète revient à distinguer, à partir de Montréal, un petit caillou près d’un feu de camp quelque part sur une plage de Bali!
Lire la suite dans le numéro de novembre 2012
Photo Mehau Kulik/SPL