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05 février 2021
Temps de lecture : 2 minutes

Tianwen-1, l’autre explorateur de Mars

Une avalanche de poussière sur le sol martien. Photo: NASA/JPL-Caltech/Université d’Arizona

Alors que la NASA s’apprête à poser un rover sur Mars, un autre voyageur spatial arrive en orbite de la planète rouge: Tianwen-1. Cette mission chinoise trouve moins d’écho auprès du grand public malgré une ambition scientifique majeure.

Un nouveau venu débarque dans le paysage martien. Le 11 février, la sonde Tianwen-1, partie de Chine en juillet 2020, doit se mettre en orbite autour de la planète rouge. Pendant les deux prochains mois, l’engin va scruter la surface pour bien repérer le site d’atterrissage avant d’y larguer un atterrisseur avec un astromobile. Son objectif: retracer l’histoire de Mars, afin de savoir avec certitude si la planète a vraiment eu un passé humide et, si oui, pourquoi et comment elle est devenue le désert aride presque dépourvu d’atmosphère que nous connaissons aujourd’hui.

Une mission qui, avant d’être une prouesse scientifique et technique, sonne comme une revanche pour la Chine qui avait raté son précédent rendez-vous avec Mars. Son orbiteur placé sur la sonde russe Phobos-Grunt n’avait jamais quitté l’orbite terrestre, s’écrasant lors du lancement en 2012. Après cette expérience amère, l’agence spatiale chinoise s’est concentrée, avec succès cette fois, sur la Lune.

Aujourd’hui, forte de ses missions lunaires, notamment Chang’E 5 qui a ramené des échantillons du satellite, la Chine a tout d’une grande puissance spatiale et cette mission Tianwen-1 est l’occasion de le confirmer, selon Pierre Chastenay, astronome à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). « Leur but, c’est évidemment de prouver qu’ils sont à la hauteur de la NASA. Il y a une course à l’espace qui rappelle énormément celle de la guerre froide », constate-t-il.

Le rover de la mission Tianwen-1. Source: Xinhua.

Pour autant, les Chinois ne sont pas partis sur Mars les mains vides. L’orbiteur et le rover disposent au total de 13 instruments scientifiques. Parmi eux, des caméras, des radars, des spectromètres, des détecteurs de particules et même une station météo qui va analyser l’atmosphère martienne.

Malgré cela, la mission semble beaucoup moins passionner le grand public que l’arrivée d’un autre visiteur martien : Perseverance. Le rover de la NASA doit atterrir le 18 février et il bénéficie d’une large couverture médiatique. Pour Pierre Chastenay, ce déséquilibre est avant tout lié au savoir-faire en termes de communication : « La NASA a une grande expérience des relations publiques, tout est fait pour faire rêver. Au contraire, les Chinois sont beaucoup plus discrets, voire secrets en ce qui concerne leur programme spatial. »

À ce titre, le lancement de Tianwen-1 est emblématique car s’il a fini par être diffusé en direct sur la chaîne de télévision d’État CGTN, la date n’avait pas été annoncée à l’avance. Une discrétion qui pourrait être due également à une peur de l’échec après la déconvenue de Phobos-Grunt.

Quoi qu’il en soit, Tianwen-1 devrait contribuer à mieux connaître le passé de Mars avec, comme objectif ultime, savoir si la planète rouge a pu, par le passé, accueillir la vie. « C’est un beau projet, résume Pierre Chastenay, mais c’est un peu dommage de voir autant d’efforts déployés par des puissances en concurrence, alors qu’en collaborant, elles pourraient aller plus loin et plus vite. » Une collaboration officiellement demandée par la Chine et par les États-Unis, mais aucun n’a encore osé faire le premier pas.

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