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Cet article n’est pas récent et les connaissances scientifiques sur la COVID-19 évoluent continuellement. Nous vous invitons à consulter nos derniers articles.
Face à la multiplication des essais cliniques contre la COVID-19, plusieurs experts appellent à une meilleure coordination.
Aux grands maux les grands remèdes. Pour contrer la pandémie de COVID-19, les chercheurs, les médecins et l’industrie pharmaceutique se sont mobilisés massivement pour tester, au plus vite, toutes sortes de médicaments et de vaccins.
Au total, au moins 79 vaccins expérimentaux sont déjà à l’étude (dont 3 à la première étape de la phase clinique) et plus de 150 médicaments sont en cours de test ou en développement.
On dénombre ainsi plus de 300 essais cliniques menés en parallèle ou sur le point d’être lancés, partout dans le monde.
Un effort sans précédent justifié par l’urgence, mais caractérisé par un manque de coordination possiblement délétère, selon l’avis de plusieurs experts. Essais trop petits pour être concluants, études mal conçues ou non standardisées, doublons, essais fondés sur des hypothèses insuffisantes… Les critiques commencent à émerger de toutes parts.
En écho à ces préoccupations, deux chercheurs, dont l’un associé à l’Université McGill, soulignent dans Science que «le déluge d’études menace de dupliquer les efforts, de concentrer les ressources sur des stratégies qui ont reçu une attention médiatique démesurée et d’augmenter le potentiel de générer des résultats faussement positifs par pur hasard.»
Bien sûr, il y a de bons arguments pour que le pipeline de médicaments anti-COVID-19 soit le plus fourni possible, comme le souligne un article du Lancet qui mentionne « l’inondation » d’essais cliniques. « Environ 90% des nouvelles molécules en essais cliniques ne se rendent pas jusqu’à l’approbation, donc les chercheurs veulent mettre toutes les chances de leur côté », peut-on y lire.
Un mot d’ordre : l’organisation
Mais il ne faut pas pour autant sacrifier la qualité des études. Pour tenter de mettre un peu d’ordre et accélérer les découvertes, les Instituts nationaux de la santé (NIH) américains ont mis sur pied un partenariat public-privé entre des chercheurs fédéraux et 16 compagnies pharmaceutiques. Nommée ACTIV (pour Accelerating Covid-19 Therapeutic Interventions and Vaccines), l’initiative devrait permettre de mieux gérer les financements en identifiant les candidats les plus prometteurs et en coordonnant les essais cliniques.
Cette alliance inédite permettra de passer rapidement au crible plus d’une centaine de moyens préventifs et thérapeutiques potentiels pour la COVID-19.
Pour éviter la multiplication de petits essais, l’Organisation mondiale de la santé a quant à elle mis sur pied l’essai Solidarity, qui doit évaluer quatre options thérapeutiques dans une centaine de pays (remdesivir; lopinavir/ritonavir avec ou sans interféron bêta-1a; et chloroquine ou hydroxychloroquine).
« À ce jour, 1200 patients ont été recrutés dans les cinq premiers pays, et nous nous attendons à ce que plus de 600 hôpitaux commencent à recruter d’autres patients cette semaine », a annoncé le directeur général de l’OMS en point de presse le 20 avril.
« Plus le nombre de pays participant sera élevé, plus les résultats seront obtenus rapidement », a-t-il ajouté.
Être plus inclusifs
Solidarity mis à part, sur les quelques 300 essais cliniques lancés ou prévus, très peu sont planifiés dans les pays à faible revenu, en Afrique, en Asie du Sud-Est ou en Amérique du Sud.
C’est ce que déplore un groupe de scientifiques, médecins et administrateurs de la santé provenant de 70 institutions dans 30 pays. Dans une lettre publiée dans le Lancet, ils soulignent que si des traitements font leurs preuves, il devrait y avoir une garantie pour qu’ils soient disponibles le plus vite possible dans les zones à ressources limitées. Il devrait également y avoir un engagement pour un accès équitable et abordable.
Le groupe a donc lancé la Coalition pour la recherche clinique sur la COVID-19 (COVID-19 Clinical Research Coalition) pour accélérer la recherche dans ces régions où les systèmes de santé sont fragiles, et où les populations vulnérables pourraient payer un lourd tribut au virus.
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