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06 décembre 2011
Temps de lecture : 1 minute

Peut-on vivre sans sommeil ?

Les bourreaux l’ont vite compris : empêcher quelqu’un de dormir est une véritable torture. Utilisée dans ce but depuis l’Empire Romain jusqu’à Guantanamo, la privation de sommeil conduit rapidement à des troubles de l’humeur, de la mémoire, à des hallucinations visuelles, mais aussi à des dérèglements physiologiques potentiellement fatals (perte de poids, affaiblissement du système immunitaire, état prédiabétique, baisse de la température corporelle …).

Des études pour le moins cruelles, réalisées dans les années 1980, ont montré qu’une privation totale de sommeil conduisait des chiots à la mort en 4 à 6 jours et des rats en 2 à 4 semaines. Chez l’homme, on s’en doute, il n’y a pas de données officielles comparables. En février 2011, un homme est décédé en Chine après avoir passé 72 heures continues devant son ordinateur, sans dormir et presque sans manger.

Et en 1964, Randy Gardner (voir la vidéo ci-dessous), un étudiant de 17 ans, a passé volontairement 264 heures (environ 11 jours) sans dormir, sous contrôle médical. Un « record du monde » qui étonne Régine Denesle, responsable de la Clinique de l’insomnie à l’hôpital du Sacré-Cœur de Montréal. « Dans des conditions normales, on ne peut pas passer plus d’une trentaine d’heures sans dormir ».

Cependant, certaines maladies neurologiques rarissimes, comme l’insomnie fatale familiale ou la chorée fibrillaire de Morvan (qui se traduit par des contractions musculaires anormales), sont parfois associées à des insomnies totales de longue durée dont on ignore encore la cause. Ainsi, en 1970, le neurobiologiste français Michel Jouvet a décrit le cas d’un homme de 27 ans hospitalisé pour une chorée de Morvan, qui ne dormit pas une seule minute pendant au moins 4 mois, sans que ses facultés cognitives ne soient affectées. Il succomba rapidement à sa maladie, mais on ne sait pas si c’est le manque de sommeil qui lui fut fatal. Pour en savoir plus sur l’insomnie à travers les âges, c’est ici.

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