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11 avril 2023
Temps de lecture : 1 minute

Découverte des plus anciennes pointes de flèches du continent américain

Photo: Université d’État de l’Oregon

Des fouilles archéologiques menées par Loren Davis, de l’Université d’État de l’Oregon, ont mis au jour les plus vieilles pointes de projec­tiles d’Amérique du Nord. Âgées de 15 700 ans, elles pourraient être, selon l’équipe, antérieures de 3000 ans aux pointes dites de Clovis, longtemps considérées comme les premiers outils du continent.

Ce sont 13 pointes de projectiles, dont la longueur oscille entre 1,5 et 5 cm, ainsi qu’un fragment d’une probable pointe qui ont été déterrées sur le site Cooper’s Ferry, en Idaho. Ces pointes à pédoncules étaient probablement fixées sur des man­ches et utilisées pour la chasse.

Pour Adrian Burke, spécialiste de l’archéologie préhistorique de l’Amérique du Nord et professeur au Département d’anthropo­lo­gie de l’Université de Montréal, la découverte n’est pas si surprenante, mais elle enfonce un clou de plus dans le cercueil de la théorie voulant que la technologie des pointes Clovis soit la plus vieille du continent. « On n’a pas d’objets datés de la période Clovis qui peu­vent entrer en compétition avec ces dates-là, indique-t-il. En plus, la qualité des données est très bonne. Aujourd’hui, on ne peut pas faire mieux. »

Les auteurs de l’article publié dans la revue Science Advances suggèrent un lien entre les pointes trouvées sur le site de Cooper’s Ferry et d’autres, très ressemblantes, trouvées sur l’île d’Hokkaidō, au Japon, et dont la datation oscille entre 16 000 et 20 000 ans avant aujourd’hui. Selon eux, leur découverte renforce l’hypothèse d’une filiation génétique et culturelle entre les peuples an­ciens du nord-est de l’Asie et ceux de la côte ouest de l’Amérique.

Cette théorie sur le peuplement de l’Amérique par une immigration le long de sa côte ouest n’est pas nouvelle, mais la trouvaille peut apporter de l’eau à son moulin, selon Adrian Burke. Il en faudra toutefois plus au professeur pour être convaincu. « Ce lien technologique est la partie la moins claire de l’article, indique-t-il. C’est un réflexe d’archéologue : on trouve quelque chose et on tente de retrouver cette chose ailleurs avec des datations plus anciennes. Il y a des similarités [entre les pointes], mais il y a encore du travail à faire [pour prouver la filiation]. »

Une analyse comparative fine des deux technologies est de mise, d’après lui. D’autres fouilles pourraient également apporter des réponses. « La question maintenant, c’est de savoir quel site va nous donner la clé pour prouver ce lien avec l’Asie. » En bon archéologue, Adrian Burke pense que la réponse se trouve peut-être… un peu plus creux.

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