Image: Shutterstock
Un récent rapport de recherche sur l’enseignement de la génétique au secondaire conclut que le niveau de connaissances des 12 à 18 ans à ce sujet est généralement assez faible.
Connaissez-vous le lien entre les gènes et les protéines ? Pouvez-vous expliquer la division cellulaire par mitose et par méiose ? Êtes-vous capable de définir des termes comme chromosome, hétérozygote ou polymérase ? Non ? Vous n’êtes pas seul ; votre adolescent aurait les mêmes difficultés. Un récent rapport de recherche sur l’enseignement de la génétique au secondaire conclut que le niveau de connaissances des 12 à 18 ans à ce sujet est généralement assez faible.
L’étude s’est penchée sur les retombées de l’enseignement de concepts de base liés à la génétique. Des chercheurs affiliés à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) ont recensé, puis analysé 97 études expérimentales en sciences de l’éducation menées à travers le monde entre 2009 et 2020. Le choix de s’intéresser au secondaire n’est pas fortuit. L’étude de la génétique et de la génomique s’y amorce au Québec et s’étend essentiellement sur les trois premières années.
« C’est souvent la dernière occasion, dans son parcours scolaire, pour un élève de recevoir un enseignement en génétique [à moins de suivre une formation postsecondaire en sciences naturelles] ; il s’agit donc d’un moment critique, explique Pierre Chastenay, professeur au Département de didactique de l’UQAM et auteur principal de ce rapport. Cette situation n’est pas unique au Québec. Elle prévaut dans tous les pays industrialisés. »
La synthèse fait ressortir des points à améliorer dans la manière d’enseigner cette matière. Plusieurs études recensées rapportent par exemple que le rôle des protéines, qui constituent le mécanisme reliant les gènes et l’expression des traits, est peu compris. « Cela devrait faire l’objet de plus d’attention de la part des concepteurs de programmes scolaires et d’outils éducatifs », recommandent les auteurs.
Ces constats sont d’autant plus alarmants que la génétique occupe une place sans cesse grandissante dans le débat public. Médecine personnalisée, génomique appliquée à l’individu, modification du bagage génétique d’embryons humains : bien de l’eau a coulé sous les ponts depuis le séquençage complet de l’ADN du génome humain en 2003. Les citoyens de demain devront disposer d’un fort niveau de littératie génétique pour se prononcer sur ces enjeux et prendre des décisions éclairées. En fait, les effets du manque de connaissances sont déjà bien tangibles, comme le rappellent les réticences à l’égard de la technologie employée dans plusieurs vaccins contre la COVID-19, à savoir l’ARN messager.
« La génomique déborde la seule question de la santé humaine. Qu’on parle d’agriculture de précision ou de lutte contre les pathogènes, elle revient sans cesse et est omniprésente », souligne Marie-Kym Brisson, vice-présidente au développement stratégique et aux affaires publiques chez Génome Québec, qui a commandé ce rapport. Une éventuelle mise à jour du Programme de formation de l’école québécoise devrait tenir compte de ces résultats, plaide-t-elle.