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23 mai 2024
Temps de lecture : 1 minute

De nouvelles espèces d’orques découvertes

Photo: Shutterstock

Petite révolution dans la classification des épaulards ! Des biologistes américains et canadiens ont identifié deux nouvelles espèces de ce cétacé en Colombie-Britannique. Pourquoi est-ce si remarquable ?

« Parce que depuis la première mention taxonomique de l’orque par le Suédois Linné, en 1758, les spécialistes ne reconnaissent qu’une seule espèce : Orcinus orca », rappelle Phillip Morin, chercheur au Fisheries Southwest Science Center de La Jolla (Californie) et cosignataire de cette découverte parue dans Royal Society Open Science en mars 2024.

L’une de ces deux nouvelles espèces est l’orque de Bigg, ou Orcinus rectipinnus, qui forme une population nomade évoluant autour de l’île de Vancouver. L’autre est l’orque de Scammon, ou Orcinus ater, répartie en deux populations dites « résidentes » au nord et au sud de cette même île. Ces deux espèces se différencient par la taille, la pigmentation, la distribution, l’alimentation et la génétique.

Ainsi, les orques de Bigg sont plus robustes et plus grandes : 7,1 m et 4,7 tonnes pour les femelles et 8,3 m et 6,6 tonnes pour les mâles. Leurs proies ? Des mammifères marins.

Les orques de Scammon, plus fines, ne dépassent pas 7,2 m. Elles ne consomment que du poisson, comme le saumon. La sous-population qui vit au nord de l’île de Vancouver et celle au sud forment une seule espèce. « Même pas deux sous-espèces, alors qu’elles ne se rencontrent pas et ont des dialectes différents ! » s’étonne Thomas Jefferson, coauteur de l’étude et spécialiste de la taxonomie des cétacés au Southwest Fisheries Science Center de La Jolla.

« Les orques [de l’île de Vancouver] sont les plus étudiées au monde, poursuit Philip Morin. Malgré cela, nous avons dû amasser énormément de données pour aboutir à ces conclusions. » On parle de décennies d’observations, d’études sur le terrain, d’analyses génétiques et de comparaisons anatomiques sur des cadavres échoués !

« Notre étude pourrait servir de modèle pour décrire d’autres espèces ou sous-espèces d’épaulards, espère Thomas Jefferson. Toutefois, le principal obstacle sera le manque de données. »

Justement, la quatrième population d’épaulards de l’île de Vancouver, qui vit plus au large dans le Pacifique, intrigue les scientifiques. « Forme-t-elle une espèce ? Nous manquons de données pour le déterminer, déplore le chercheur. Je crois cependant qu’avec les efforts nécessaires, on identifiera bientôt d’autres espèces d’orques, notamment au sein d’une dizaine de populations déjà repérées. »

Prochaine étape : convaincre le comité de la taxonomie de la Society for Marine Mammalogy d’accepter cette scission au sein du genre Orcinus.

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