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10 mars 2021
Temps de lecture : 1 minute

Pourquoi des pandas géants aiment-ils se badigeonner de crottin de cheval?

Image: Shutterstock

Ce comportement protégerait ces animaux de la sensation de froid.

En 2007, des scientifiques chinois font une observation étonnante. Un panda géant s’approche d’un tas de crottin de cheval frais et l’inspecte à l’odorat. Visiblement satisfait, il s’y roule et applique méticuleusement la déjection chevaline sur toutes les parties de son corps. Cet étrange comportement a ensuite été observé une quarantaine de fois chez plusieurs de ces animaux vivant en liberté.

Douze ans plus tard, l’équipe croit avoir trouvé la raison de ce bain odorant et a récemment publié ses résultats dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences. Ce comportement protégerait les pandas géants de la sensation de froid.

Les chercheurs ont d’abord remarqué la préférence des pandas pour le crottin frais. Celui-ci possède alors des molécules nommées bêtacaryophyllène (BCP) et oxyde de bêtacaryophyllène (BCPO) qui disparaissent lorsque le crottin vieillit. Pour savoir si c’était bien ces composés qui les attiraient, les scientifiques en ont répandu sur du foin déposé dans les habitats de pandas dans un zoo. Ces derniers ont préféré ce foin à celui qui n’avait pas été traité.

De plus, l’enrobage survenait habituellement lorsque la température baissait sous les 15 °C. Les scientifiques ont alors testé l’effet du BCP et du BCPO sur des souris. Résultat : les rongeurs dont les pattes avaient été frottées avec ces substances étaient moins sensibles au froid que ceux qui avaient reçu un placébo. Des études subséquentes ont montré que ces composés chimiques inhibent une protéine nommée TRPM8, un récepteur activé par le froid qui se trouve sur les cellules de mammifères, dont celles des souris et du panda géant.

Cette hypothèse est intéressante, selon le Dr Don Reid, zoologiste de la conservation de la Wildlife Conservation Society Canada, mais il estime que les données présentées dans l’article ne permettent pas de la confirmer. « Le maillon qui m’apparaît le plus faible, c’est qu’on ne spécifie pas comment ces particules chimiques entrent dans le corps des pandas pour entraîner cet effet. Est-ce que se rouler dedans est suffisant ? C’est possible, mais cela n’a pas été démontré. »

N’empêche, l’approche est fascinante. Selon Marion Desmarchelier, professeure au Département de sciences cliniques de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, ce « travail moléculaire » pour expliquer des comportements animaliers est un domaine d’avenir. « On oublie facilement que les animaux vivent dans un monde olfactif, dit-elle. Lorsqu’ils sentent, ils reçoivent des informations aussi pertinentes pour eux que ce que nous percevons avec nos yeux. » Les nouvelles techniques mises au point pour détecter ces composés chimiques ouvrent ainsi un tout nouveau monde aux biologistes.

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