Le dossier original est disponible dans le numéro de QS de novembre 2013. Il a été modifié ci-dessous pour faciliter la lecture en ligne.
Pour faire avancer sa carrière, se faire connaître, financer son équipe, un chercheur doit publier ses résultats dans des revues scientifiques « à comité de lecture » (un groupe d’experts qui examine l’intérêt et la qualité des travaux, demande des précisions, etc.). Il existe plus de 25 000 revues couvrant tous les domaines scientifiques, mais certaines se détachent du lot. Lues par l’ensemble de la communauté scientifique et gages de reconnaissance, ce sont les «bibles» des chercheurs.
Tricher… ou périr
Publier dans Science, Nature ou Cell (la triade SNC pour les intimes) est presque devenu une fin en soi. « Dans certains domaines, comme les neurosciences, si aucune de ces revues ne publie vos travaux, vous n’avez aucune chance de décrocher un poste permanent de chercheur », souligne Charles Dupras, qui a obtenu une maîtrise en biologie moléculaire mais mène aujourd’hui un doctorat à l’Université de Montréal en bioéthique. « J’ai été découragé par le milieu de la recherche en biologie », affirme-t-il.
Même son de cloche pour Anne-Laure Nouvion qui ne mettra plus les pieds dans un laboratoire. « J’ai été dégoûtée : trop de compétition, trop de pression », déplore-t-elle.