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22 septembre 2022
Temps de lecture : 2 minutes

Élections: les 5 principaux partis se prononcent sur la science

De gauche à droite: Pierre Fitzgibbon (CAQ), Ruba Ghazal (QS), Yves Bérubé-Lauzière (PQ), Karim Elayoubi (PCQ) et André A. Morin (PLQ). Image: Acfas

À quelques jours du scrutin provincial du 3 octobre s’est tenu un débat politique organisé par l’Acfas autour de la science, un sujet peu présent dans la campagne électorale. 

Dans ce panel animé par Valérie Borde, chef du bureau Science et santé au magazine L’actualité, étaient représentés les cinq principaux partis québécois : le Parti Québécois (PQ), le Parti Conservateur du Québec (PCQ), la Coalition Avenir Québec (CAQ), Québec solidaire (QS) et le Parti libéral du Québec (PLQ). Ils étaient réunis le 21 septembre au Théâtre Sainte-Catherine, à Montréal.

Pierre Fitzgibbon, candidat de la CAQ dans Terrebonne et également ministre sortant de l’Économie et de l’Innovation, a rappelé sa promesse d’investir 7,5 milliards de dollars sur les cinq prochaines années dans la recherche et l’innovation, et a insisté sur sa volonté de «transformer la recherche en projets socio-économiques». «Il faut aussi que la société bénéficie [de ces recherches], pour l’aider à surmonter des enjeux sociaux importants», a-t-il souligné.

Seuls QS, le PLQ et le PQ ont abordé au cours de la soirée la question de l’adaptation aux changements climatiques, absente chez les deux autres partis. «Moi, je suis un scientifique; je souhaite réaliser des projets concrets, chiffrés, avec la population, a martelé le candidat du PQ dans Sherbrooke, Yves Bérubé-Lauzière. Ça fait des années que le GIEC nous avertit et que les gouvernements ne font rien. Au PQ, on a un plan environnemental ambitieux, un plan de réduction des gaz à effet de serre basé sur la science, avec une approche d’ingénierie et des cibles intermédiaires à atteindre», précise le candidat, également ingénieur-physicien. Des cibles avec une certaine gradation offrent une meilleure garantie d’atteindre les objectifs, selon lui.

Effet de mode

Si tous les candidats s’accordaient sur l’importance de ne pas délaisser une science pour une autre, comme les sciences humaines au profit des sciences dures, ou la recherche fondamentale au profit de la recherche appliquée, la candidate de QS a insisté sur l’importance, selon elle, de ne pas laisser les tendances orienter le financement de la recherche. «Dans les années 1980, on parlait des biotechnologies; dans les années 2000, des nanotechnologies; aujourd’hui, on parle beaucoup d’intelligence artificielle…, a énuméré Ruba Ghazal, candidate dans Mercier. Il ne faut pas investir tout l’argent [public] dans un domaine en particulier sous l’effet de mode.»

Concernant le financement des universités, s’il n’a avancé aucun chiffre à ce sujet, le candidat du PLQ dans Acadie, André A. Morin, a néanmoins promis de soutenir les universités en région en particulier et d’améliorer l’attractivité des études supérieures. «On veut faciliter l’accessibilité à la maîtrise et au doctorat en augmentant les bourses disponibles», a-t-il précisé.

Le candidat du PCQ a quant à lui insisté sur l’importance de la liberté universitaire. «Nous pensons que c’est dans le choc des idées que la vérité a le plus de chance de sortir, affirme Karim Elayoubi, candidat du PCQ dans Argenteuil. La censure est un frein à l’innovation et, de facto, un frein à la croissance économique.» Il a cité à ce sujet des données de l’Institut économique de Montréal, un think tank.

Le PQ et QS ont également abordé la question épineuse de la lutte contre la désinformation.

À l’exception de la CAQ, tous les candidats se sont montrés ouverts à la création d’un ministère ou d’un poste de ministre entièrement dédié à la science. À part quelques piques à peine voilées lancées par QS et le PLQ, le sujet des études scientifiques portant sur le projet de troisième lien, pourtant au cœur des débats de campagne, n’a pas été abordé.

La vidéo de l’événement, que Québec Science soutenait, est disponible ci-dessous:

 

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