Que cherchez-vous ?

Publicité
09 septembre 2022
Temps de lecture : 2 minutes

Intérêt croissant des étudiants pour la science au cégep

Image: Shutterstock

Les sciences de la nature sont de plus en plus populaires au cégep. On ne sait pas encore pourquoi.

Ça bouillonne de plus en plus dans les laboratoires des cégeps. Lentement mais sûrement, les programmes de sciences font le plein d’étudiants. À la rentrée de 2015, les étudiants en sciences représentaient 29 % des inscrits du secteur préuniversitaire. Six ans plus tard, c’était 33 %. Une croissance modeste, mais constante, attribuable essentiellement aux adolescents.

Car si d’autres programmes (surtout ceux du secteur technique) attirent un mélange d’adultes, d’étudiants étrangers ou de cégépiens ayant changé de programme, les admis en sciences de la nature sont à 91 % des finissants de cinquième secondaire, selon le Service régional d’admission du Montréal métropolitain. Les courbes démographiques prévoient que la cohorte du secondaire croîtra jusqu’en 2026 : ça pourrait jouer du coude dans les labos au cours des prochaines années…

« On va avoir de la difficulté à les caser ! » s’exclame Caroline Cormier, enseignante de chimie au cégep André-Laurendeau. Contrairement aux classes de mathématiques ou de français, qui comptent régulièrement une quarantaine d’étudiants, les laboratoires de ce collège du sud-ouest de l’île de Montréal ne peuvent en accueillir que 32 à la fois.

Il faudra aussi recruter plus d’enseignants pour former tout ce beau monde. « Dans notre département, on cherche des gens qui ont une formation en chimie, oui, mais aussi un profil d’enseignant, et cela devient plus difficile à trouver qu’il y a quelques années », souligne son collègue Bruno Voisard, coordonnateur au département de chimie.

Un intérêt qui se maintient

Tous ces jeunes choisissent-ils la voie scientifique par intérêt ou simplement pour se garder toutes les portes ouvertes à l’université ? Après tout, traditionnellement, « quand on ne sait pas où l’on veut aller et qu’on a de bonnes notes, on va en sciences ! » remarque Pierre Doray, sociologue de l’éducation à l’Université du Québec à Montréal. Or, ceux qui s’inscrivent à l’université après l’obtention d’un diplôme d’études collégiales en sciences optent pour une discipline scientifique 8 fois sur 10. La part des sciences est aussi en croissance à l’université, puisqu’elle est passée de 28 % de l’effectif total de premier cycle en 2013 à 32 % en 2020.

Qu’est-ce qui explique la tendance ? Est-ce le fruit des campagnes de promotion des carrières scientifiques ? Les jeunes issus de l’immigration sont-ils plus susceptibles d’étudier en sciences que les autres ? Le ministère de l’Enseignement supérieur, l’Association pour l’enseignement de la science et de la technologie au Québec et les experts en éducation consultés par Québec Science n’avaient pas de réponses claires à offrir, certains étaient même surpris en prenant connaissance des données !

Caroline Cormier tente une hypothèse : « Peut-être qu’aujourd’hui la science est moins perçue comme une chasse gardée ? Ce sont peut-être les échos de la Révolution tranquille et du rapport Parent [ce document de 1963 a jeté les bases du système d’éducation public québécois], de cette volonté de démocratiser l’accès à l’éducation pour les francophones… »

Qui sait ? Voilà un bon objet d’étude pour les gens des sciences… humaines. Ça tombe bien, ils sont encore majoritaires dans les cégeps et les universités !

Enseignants recherchés!

Avis à nos lecteurs formés en science qui aimeraient enseigner au cégep, la plupart des universités offrent maintenant des programmes courts de deuxième cycle en enseignement post-secondaire. De quoi apprivoiser la pédagogie, la gestion de classe, la rédaction de plans de cours… Pour les scientifiques qui n’ont pas étudié dans la province, ces programmes inculquent même quelques notions de sociologie du système d’éducation québécois, souligne Bruno Voisard : « La relation prof-étudiant n’est pas la même partout dans le monde. Il y a des endroits où c’est beaucoup plus formel. Pour certains profs, c’est un choc de se retrouver dans une classe avec des étudiants qui ont une attitude, disons, plus familière que ce à quoi ils ont été habitués. »

Publicité