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Pour réduire la demande en électricité l’hiver, une équipe se penche sur le chauffage de l’eau.
Chaque hiver, c’est la même chose : en fin de journée, beaucoup de Québécois montent le chauffage et utilisent de l’eau chaude pour faire la vaisselle ou prendre une douche. Plus les températures dégringolent, plus le réseau électrique est sollicité, et parfois jusqu’à saturation. « C’est ce qu’on appelle les pointes hivernales », précise Martin Bourbonnais, titulaire de la Chaire TERRE du Cégep de Jonquière. Hydro-Québec peine alors à répondre à la forte demande, ce qui peut entraîner des pannes de courant, en particulier lors des jours les plus froids de l’année.
Le chercheur et son équipe ont proposé une solution qui à la fois diminuerait ces pointes hivernales et pourrait être appliquée tout au long de l’année : chauffer l’eau avec des panneaux solaires.
Malgré la chute de leur coût ces dernières années, les panneaux solaires classiques ne sont pas encore assez compétitifs par rapport à l’hydroélectricité en raison des nombreux composants électroniques qui les accompagnent pour alimenter toute la maison. Mais pour seulement chauffer de l’eau, nul besoin de tout cela : il suffit de brancher une simple résistance électrique, placée dans le chauffe-eau, à une dizaine de panneaux solaires installés sur le toit. « En enlevant tout ce matériel électronique superflu, on réduit de 75 à 90 % le coût du système », ajoute Martin Bourbonnais. D’après ses simulations, les coûts d’installation et d’entretien des panneaux solaires seraient amortis en une vingtaine d’années d’utilisation sur une durée de vie de 40 ans environ.
Mais comment cela fonctionne-t-il exactement ? « On se sert du chauffe-eau comme d’une batterie de stockage thermique », explique le chercheur. L’eau y est maintenue à 60 °C par Hydro-Québec. Pendant la journée, la résistance chauffe grâce à l’électricité produite par les panneaux solaires et l’eau emmagasine un surplus de chaleur (elle peut atteindre 85 °C). Le soir venu, cette eau très chaude est utilisée en quantité moindre que si elle avait été à 60°C seulement ; et même si elle refroidit dans le chauffe-eau durant la nuit, tant qu’elle se maintient au-dessus de 60 °C, Hydro-Québec n’a pas besoin de prendre le relai. Évidemment, il faut déneiger les panneaux solaires en hiver.
Un prototype a déjà été implanté dans deux résidences début 2022, en Montérégie et au Saguenay−Lac-Saint-Jean. « On veut le faire fonctionner un an auprès de vrais consommateurs avant d’analyser les résultats, souligne Martin Bourbonnais. On espère lancer un projet pilote à plus grande échelle aux alentours de 2023. »