La technologie, c’est pour les jeunes ? Plus maintenant. Loin de correspondre au stéréotype de la personne âgée incapable d’utiliser ses appareils, les sexagénaires actuels ont manipulé cellulaires, ordinateurs et tablettes pendant leur vie adulte, et maîtrisent les assistants vocaux et l’art du texto.
Avec le vieillissement de la population – d’ici 2031, 25 % de la population de la province devrait avoir plus de 65 ans, selon l’Institut national de santé publique du Québec –, la demande pour des technologies adaptées aux besoins des personnes aînées sera de plus en plus forte.
Un problème persiste cependant : la technologie est rarement conçue pour la population vieillissante. Un sondage mené en 2022 par l’AARP, une association de personnes retraitées des États-Unis, montrait du doigt l’éléphant dans la pièce, affirmant que « non seulement les personnes âgées augmentent leurs dépenses en technologie, mais elles en achèteraient encore plus si les appareils étaient adaptés à leurs besoins ». Le marché est là – qui répondra à la demande ?
Il existe des technologies conçues pour les gens de l’âge d’or, mais ces produits sont « souvent peu inspirants – gros, beiges et ennuyeux », écrivait en 2019 le directeur du AgeLab au Massachusetts Institute of Technology, Joseph Coughlin. La Silicon Valley est par ailleurs notoirement âgiste – le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, avait par exemple déclaré en 2007 que « les jeunes sont plus intelligents ». Ceci explique-t-il cela ?
Il faudra aller bien plus loin que les gros boutons et les détecteurs de chutes. Commençons par défaire le mythe de la personne âgée passive et affaiblie. Saviez-vous que les entrepreneurs et entrepreneuses de plus de 50 ans ont deux fois plus de succès que leurs homologues trentenaires ? (Prends ça, Zuck !) Et si c’étaient les personnes aînées elles-mêmes qui concevaient les outils qui leur permettront de mieux vieillir ? Peut-être les produits ainsi imaginés ne seraient-ils pas seulement offerts dans une gamme de beige…
On a vu ces dernières années un intérêt grandissant pour l’« AgeTech » – la technologie de l’âge d’or – de la part des gouvernements et des investisseurs. L’un des objectifs de cette filière est de permettre aux futures personnes âgées de rester chez elles le plus longtemps possible, un besoin exacerbé par la pandémie. L’année 2022 a d’ailleurs vu la création du fonds d’investissement montréalais AgeTech Capital.
Reste à voir quelle sera la couleur des produits issus de ces investissements.