Image: Impression d’écran tirée de YouTube
Malgré l’immense popularité de ces vidéos qui provoqueraient des « orgasmes du cerveau », rares sont les scientifiques qui s’y sont intéressés.
« Orgasme du cerveau », « chatouillement de la tête ». Ces expressions décrivent les sensations éprouvées par les amateurs de vidéos catégorisées « ASMR ». Si vous passez du temps sur YouTube ou Instagram, vous les avez probablement déjà vues : présentes par millions, ces vidéos mettent généralement en scène des femmes qui parlent d’une voix très douce, coupent des légumes délicatement ou manipulent deux objets qui par frottement produisent des sons.
Pour certaines personnes, ces sons et ces images procurent un sentiment de calme profond, de détente et parfois même d’euphorie. Ils les aident ainsi à trouver le sommeil ou à réduire leur stress.
Lorsqu’un groupe commence à discuter de cette tendance dans un forum il y a plus de 10 ans, un consensus émerge : il faut trouver à ce mouvement un nom qui fasse sérieux et scientifique, un terme qui empêcherait qu’on se moque de ses adeptes. Les internautes s’entendent sur le sigle ASMR (pour autonomous sensory meridian response, qu’on peut traduire par « réponse autonome sensorielle culminante »).
Malgré l’immense popularité de ces vidéos, rares sont les scientifiques qui s’y sont intéressés. Giulia Poerio, du département de psychologie de l’Université de Sheffield, au Royaume-Uni, a pourtant découvert que le visionnement d’une vidéo ASMR (et non d’un autre type de vidéo) abaisse la fréquence cardiaque de plus de trois battements par minute et augmente la conductance cutanée.
Mais ces réactions physiologiques se produisent seulement chez les personnes qui éprouvent les fameuses sensations étranges qualifiées de chatouillements ou d’« orgasmes du cerveau ». Ces résultats confirment la complexité émotionnelle de l’ASMR, qui est à la fois relaxante et euphorique. Ces titillations seraient par ailleurs déclenchées par le chuchotement, des sons nets et des mouvements lents, selon une autre étude britannique datant de 2015. Mais la comparaison avec la sexualité s’arrête là, car seulement cinq pour cent des participants ont indiqué utiliser l’ASMR comme stimulation sexuelle.
Je vais vous faire une confidence : je ne suis pas sensible aux vidéos ASMR. Au contraire, elles m’énervent ! J’y consacre néanmoins de nombreuses heures. Je ressens une petite frustration de ne pas faire partie de cette élite qui parvient à se détendre en regardant une femme qui se brosse les cheveux devant un micro. J’en viens à douter de mon cerveau.
J’envoie une bouteille à la mer : chers scientifiques, j’aimerais bien que vous vous penchiez un peu plus sur la question afin de découvrir les mystères de l’ASMR. Signé : quelqu’un qui voudrait s’endormir avec son cellulaire sur l’oreiller.