L’homme est au même niveau que l’anchois dans la chaîne alimentaire», pouvait-on lire dans les quotidiens au début de décembre dernier. Ou encore: «L’homme et l’anchois, même combat!» Difficile de manquer de tels titres. Ils coiffaient la présentation d’une recherche de biologistes français qui, pour la première fois, ont attribué aux humains un niveau trophique. C’est l’Indice trophique humain ou ITH.
Publié dans la revue PNAS , l’article ne manque pas d’intérêt. Mais, parce que la couverture médiatique a été plutôt superficielle dans l’ensemble, j’ai l’impression qu’on en a surtout retenu cette idée-choc que l’homme est l’égal de l’anchois dans la chaîne alimentaire; donc, que nous ne sommes pas de super-prédateurs. Cette interprétation entretient une confusion. En fait, l’homme est bien un super-prédateur, même si, par son régime alimentaire, il se situe à un niveau intermédiaire du système trophique; pas au sommet. Cependant, là n’est pas là l’intérêt de l’ITH.
Ici, quelques rappels sont utiles. Le niveau trophique est une notion écologique de base, qui détermine la position d’une espèce dans la chaîne alimentaire. Il représente donc le nombre d’intermédiaires entre les producteurs primaires, qui sont au niveau 1, et leurs prédateurs. Ainsi, les végétaux, premiers producteurs de matières organiques, appartiennent au premier niveau trophique. Les herbivores, consommateurs des végétaux, se situent au deuxième niveau.