Ces billes de plastique, qui servent de matière première à la fabrication de divers objets, ont été déversées par milliards en mai 2021 sur les plages du Sri Lanka suite au naufrage d’un porte-conteneurs. Photo: Sören Funk – Unsplash
Il y aurait cinq fois plus de particules de plastique de moins de 5 mm en suspension dans les océans que ce que les scientifiques avaient estimé précédemment.
C’est la conclusion d’une nouvelle étude internationale publiée dans la revue Microplastics and Nanoplastics.
Elle se fonde sur l’analyse de plus de 8 200 prélèvements d’eau de mer, soit environ 10 fois plus que le nombre d’échantillons évalués dans l’étude de référence précédente. Cette dernière, publiée en 2014, sous-estimait clairement les quantités présentes, concluent les chercheurs. Les données présentées dans ce nouveau travail proviennent de multiples projets de recherche, menés de 2000 à 2019, et ont été standardisées avant d’être compilées.
À la lumière de ces constats, les scientifiques estiment que 24 400 milliards de fragments de plastique flotteraient dans les océans, pour un poids total de 82 000 à 578 000 tonnes.

Densité des microplastiques, carte extraite de la publication Isobe et al.
L’objectif de l’étude était de mettre en place une base de données accessible à tous, afin de faciliter la recherche sur les microplastiques. L’équipe a également cartographié la répartition de cette pollution dans les océans du globe. « Les endroits où de grandes quantités de déchets plastiques mal gérés sont déversées doivent être étudiés de manière intensive », préconise l’équipe, déplorant le manque de données sur les microplastiques dans l’océan Indien et les mers d’Asie du Sud-Est.
Hélas, l’étude ne révèle probablement qu’une infime partie du problème puisqu’on estime que 95% des microplastiques sombrent dans les abysses ou restent en suspension dans les colonnes d’eau profonde.
C’est notamment ce qu’indique une étude publiée en juin dernier, qui a modélisé le mouvement des particules plastiques dans l’eau. « Les particules les plus petites s’attachent très facilement aux microalgues et prolifèrent à leur surface », notaient les auteurs. Le gros des microplastiques se trouverait donc enfoui à plusieurs mètres de la surface, à la limite de la zone lumineuse où la photosynthèse est encore possible et où les algues prolifèrent. Rien de très rassurant.