Que cherchez-vous ?

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03 octobre 2024
Temps de lecture : 2 minutes

Un GPS pour naviguer à travers le système de santé

Photo: Shutterstock

Connaissez-vous le GAP, le guichet d’accès à la première ligne ? Notre nouvelle chroniqueuse santé propose une visite guidée.

Maxence, 22 ans, s’est séparé de son partenaire des deux dernières années. Il est prêt à rencontrer de nouvelles personnes, mais quelque chose le freine : il a remarqué des petits boutons couleur chair sur son pénis. Selon Dr Google, ces boutons sont contagieux… voire mortels ! Il se met activement à la recherche d’un endroit où passer un test de dépistage des infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS). Comment s’y prendre ? Par où commencer ? Il n’a plus de médecin de famille depuis des années – à quoi bon, il n’est jamais malade, de toute façon ! Et il n’a jamais reçu de lettre lui annonçant qu’il était inscrit à un groupe de médecine familiale.

Maxence se rappelle d’une publicité mentionnant de composer le 811 pour consulter lorsqu’on est « orphelin » de médecin de famille. Il appelle et, à l’écoute du menu, il choisit l’option 3 : celle du Guichet d’accès à la première ligne (GAP) lancé en 2022. Le GAP permet de se faire évaluer par des professionnels de la santé afin de trouver qui, au sein d’une équipe médicale, saura répondre au mieux à ses besoins.

Comme il n’a pas le temps d’attendre au téléphone ce jour-là, Maxence décide plutôt d’essayer le GAP en ligne (gap.soinsvirtuels.gouv.qc.ca). Après avoir répondu à quelques questions sur ses symptômes et sa situation, il trouve le service qui lui convient, soit le dépistage d’ITSS. Le jeune homme est chanceux : une place est disponible dans une clinique de sa région la semaine suivante. Mais pas avec un ou une médecin !

C’est une infirmière clinicienne qui fera sa première évaluation. Le jour venu, Maxence prend son courage à deux mains et lui mentionne les lésions qui le dérangent sur son pénis. Étant donné la nature du symptôme, l’infirmière va chercher conseil auprès de sa collègue infirmière praticienne spécialisée en première ligne (IPSPL) – moi ! J’arrive dans les minutes qui suivent. Je pose mes questions à Maxence et je l’examine. Diagnostic : ces lésions sont bénignes ! Il s’agit de papules appelées « couronne perlée du gland ». J’explique à Maxence qu’il y a des variantes de la normalité chez les hommes et que ces lésions en font partie. Le voilà rassuré : c’est non contagieux. À la suite de cela, l’infirmière met sa vaccination à jour et lui prescrit les dépistages demandés. Puisqu’il a moins de 25 ans, il peut appeler directement notre clinique pour obtenir un rendez-vous pour toute question de santé sexuelle.

Au Québec, le GAP est une sorte de courroie de transmission, qui oriente chaque personne vers le service de santé qui répondra le mieux à ses besoins.

Alors plus nous sommes de professionnels (physiothérapeutes, pharmaciens et pharmaciennes communautaires, infirmiers et infirmières, intervenants et intervenantes en santé mentale, dentistes, IPSPL et médecins) à offrir des services, plus les gens verront leurs besoins comblés rapidement. Et le GAP est l’avenue pour se rendre à bon port.

Je viens de vous peindre ma première chronique avec les couleurs de la collaboration interprofessionnelle et de l’interdisciplinarité. Pour moi, IPSPL estrienne comptant 9 ans de pratique, l’équipe de soins est plus importante que le professionnel individuel. Pour mes prochaines chroniques, tous les sujets sont sur la table, avec parfois l’humour nécessaire pour pimenter le quotidien de notre système de santé un peu trop sérieux !

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