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18 novembre 2021
Temps de lecture : 2 minutes

Mentir à son médecin: une très mauvaise idée

Image: Pixabay

Pourquoi les patients mentent-ils? Il y a la peur d’être jugé ou embarrassé, mais aussi le fait de ne pas vouloir être sermonnés. Mais peu importe la raison, ce n’est jamais une bonne idée de mentir à son médecin.

C ertains le font avec leur conjoint. D’autres avec leurs collègues de travail ou avec des amis. Moi, je l’avoue, c’est avec mon dentiste. Jusqu’à 7 personnes sur 10 le feraient même avec leur médecin. De quoi je parle ? Mentir… bien sûr.

« Tous les patients mentent… », affirme sans détour le médecin Martin Winckler, auteur du roman La maladie de Sachs. La déclaration est peut-être choquante, mais elle est loin d’être farfelue. Une étude de 2018 publiée par JAMA Network Open décrit le phénomène : de 60 à 80 % des 4 500 patients qui y sont interrogés rapportaient avoir déjà menti ou omis de communiquer des informations à leur médecin. Le tiers des répondants n’exprimaient pas leur désaccord relatif à une recommandation. Le quart des patients taisaient leur incompréhension quant à la prescription reçue. Finalement, un patient sur cinq passait complètement sous silence ses mauvaises habitudes de vie.

Pourquoi les patients mentent-ils ? Toujours selon cette étude, la peur d’être jugé ou embarrassé trône en tête de liste. D’autres manipulent la vérité parce qu’ils n’ont pas envie d’être sermonnés. On peut difficilement les blâmer ! Personnellement, c’est ce qui me pousse à opiner de la tête quand le dentiste me demande si je passe la soie dentaire tous les jours. Hum !

Un article intéressant de la revue Psychologies, paru en 2016, recense quant à lui cinq raisons évoquées par ceux qui mentent à leur médecin : par affection pour ce dernier − ne pas lui révéler qu’on préfère aller chez l’ostéopathe pour notre mal de dos afin de ne pas le « blesser » ; par honte − cacher que cela nous démange depuis qu’on a eu une petite aventure extraconjugale ; par peur − cette petite bosse sur le sein pourrait être un cancer métastatique, mais on préfère se mettre la tête dans le sable ; par intérêt − « Mon chien a mangé ma prescription » et autres prétextes connexes pour obtenir plus de médicaments ; ou encore pour attirer l’attention. Ce dernier cas est très rare, mais certains patients en pleine santé peuvent en effet simuler des symptômes physiques ou psychologiques très graves afin de recevoir des soins, une maladie psychiatrique appelée « syndrome de Munchhausen ».

Si rien ne force un patient à dire la vérité, on ne peut en dire autant du médecin, qui en a l’obligation déontologique et légale. Il n’existe que deux exceptions. La première se produit quand le patient exprime clairement son refus d’être informé. Ainsi, un patient soumis à des tests de dépistage génétique dans le contexte d’un traitement contre l’infertilité pourrait demander de n’être avisé que des mutations qui posent un réel risque pour la santé de son descendant et non de n’importe quelle anomalie détectée par les tests. La seconde exception est aussi connue sous le nom de « privilège thérapeutique », quand le médecin juge que le risque d’informer est plus grand que les avantages escomptés, par exemple s’il craint que l’annonce d’un diagnostic de cancer pousse son patient à commettre une tentative de suicide. En outre, le médecin est tenu au secret professionnel ; vos vices et autres maladies embarrassantes resteront entre vous et lui. J’ajouterais qu’il est du ressort du médecin de mettre son patient en confiance, d’avoir avec lui une attitude accueillante, exempte de jugements.

Mentir à son médecin n’a rien de bénin, que ce soit au sujet du temps d’écran de votre petit dernier ou du fait que vous avez remarqué du sang dans votre urine. Si votre médecin pense que vous n’êtes pas soulagé par les médicaments déjà prescrits, il pourrait en ajouter d’autres, ce qui risquerait d’entraîner des effets secondaires graves. S’il ne sait pas que vous fumez, buvez de l’alcool ou consommez des produits naturels en vente libre, il pourrait vous prescrire des traitements qui sont incompatibles avec ces habitudes, vous mettant à risque d’interactions médicamenteuses sérieuses.

Que ce soit par omission, gêne ou lâcheté, pensez-y à deux fois : s’il y a un endroit où toute vérité est bonne à dire, c’est bien le cabinet du médecin !

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