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14 novembre 2024
Temps de lecture : 2 minutes

Toux: et si c’était la coqueluche?

Illustration: portrait en noir et blanc de Maude Raymond.

Illustration: Rachel Idzerda

L’automne vient souvent avec son lot de maladies, de rhumes, de quintes de toux… Mais cette année, un microbe habituellement discret revient en force. Et si votre toux persistante était due à… la coqueluche?

Depuis des semaines, mes plages de consultation sans rendez-vous sont occupées en grande partie par des personnes qui toussent. Denise me consulte ce jour-là pour de la toux… qui la fait vomir ! Cette toux avait commencé comme lors d’un banal rhume, mais ma patiente « tousse maintenant tellement qu’[elle] en vomit quasiment tous les jours. Ça commence à faire ! ».

Première étape : déterminer les diagnostics possibles. Dans le contexte actuel, cela pourrait être une toux post-COVID-19, une pneumonie, ou une revenante : la coqueluche ! Elle a justement frappé fort l’année dernière dans mon coin de pays, l’Estrie. Cette maladie cyclique connaît des pics d’activité tous les 2 à 5 ans. Mais les mesures sanitaires liées à la pandémie de COVID-19 ont fait baisser de manière importante l’incidence de la coqueluche en 2020 et en 2021. Sans trop de surprise, la maladie revient en force.

Denise tousse depuis 2 semaines. Ses symptômes ont commencé par une congestion nasale, une toux légère et « les yeux qui coulent ». Avec la toux qui s’est intensifiée, l’hypothèse de la coqueluche se concrétise. Surtout que ma patiente s’occupe occasionnellement de ses petits-enfants, qui sont souvent malades à cause de virus ramenés de la garderie.

Pour confirmer le diagnostic, j’effectue un prélèvement naso­pharyngé (un petit récurage de son nez) directement dans mon bureau. Le verdict tombe quelques jours plus tard : le prélèvement contient la bactérie Bordetella pertussis, responsable de la coqueluche. « Mais j’ai pourtant été vaccinée, s’étonne Denise. Ce n’est pas bon à vie, ce vaccin-là ? » L’efficacité du vaccin est estimée à 85 % : il n’empêche pas l’apparition de la maladie, mais plutôt les complications associées, comme la pneumonie. Toutefois, son efficacité diminue progressivement dans les 10 ans suivant la vaccination initiale – et la dernière dose est normalement administrée à l’adolescence.

Côté traitement, il faut commencer les antibiotiques dans les 3 premières semaines suivant le début de la toux pour diminuer la durée de contagion. Il est encore temps pour Denise. Elle devra aussi protéger sa famille en limitant ses contacts pendant les 5 jours suivant le début de la prise d’antibiotiques. Après cela, le risque de transmission disparaît. Par contre, le traitement ne fait pas grand-chose pour la toux. Il faudra malheureusement prendre son mal en patience !

Denise s’inquiète : « Comment protéger ma fille enceinte de 6 mois et son futur bébé ? » Bonne question ! On le sait, ce sont les nourrissons qui sont les plus à risque : la quasi-totalité des décès liés à la maladie (tout de même rares) concerne des enfants de moins de 3 mois. Depuis quelques années, on recommande donc aux femmes enceintes de recevoir un rappel du vaccin entre la 26e et la 32e semaine de grossesse, ce qui permet aux anticorps d’être transmis au bébé par le placenta. Le nouveau-né est alors protégé dès la naissance jusqu’à sa propre vaccination, à l’âge de 2 mois. Je suggère à Denise d’en parler à sa fille, étant donné l’augmentation des cas de coqueluche cette année. Selon le ministère de la Santé et des Services sociaux, depuis début 2024, le Québec a déclaré environ 15 000 cas de coqueluche – contre seulement 20 cas en 2021. La majorité des personnes touchées sont les jeunes de 10 à 14 ans (28 % des cas).

Dans certains cas, la prise en charge d’une personne va au-delà de ses seuls symptômes. Il s’agit aussi de la conseiller pour s’assurer de protéger au mieux son entourage. Et briser la chaîne de contagion !

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