Que cherchez-vous ?

Publicité
15 mai 2025
Temps de lecture : 1 minute

Des champignons marins mangeurs de plastique

Champignons marins isolés à Hawaï : les halos translucides correspondent à la dégradation du plastique. Photo: Ronja Steinbach, Université d’Hawaï

Des champignons marins pourraient aider les scientifiques à se débarrasser des déchets en plastique.

Le plastique représente au moins 85 % des déchets marins. Non seulement ce matériau contient des substances nocives pour les écosystèmes, mais, au lieu de se décomposer, il se fragmente en minuscules particules nuisibles à la faune. À Hawaï, une équipe a découvert de surprenants alliés contre cette pollution. Récoltés sur le littoral de ces îles du Pacifique, sur le sable, les coraux et les algues, des champignons marins se sont montrés capables de décomposer du plastique. Certaines espèces peuvent même être conditionnées à en dévorer encore plus rapidement.

« Les champignons marins constituent un groupe largement sous-étudié. Or, ils présentent une activité enzymatique élevée, ce qui en fait des candidats prometteurs pour la dégradation des plastiques », dit Ronja Steinbach, étudiante en biologie marine au Collège des sciences naturelles de l’Université d’Hawaï, à Mānoa. Elle signe l’étude parue dans Mycologia avec la doctorante Syrena Whitner et le professeur Anthony Amend.

Pour ces travaux, l’équipe a ajouté du polyuréthane, un plastique commun utilisé dans les mousses et autres matériaux flexibles, dans des boîtes de Petri à l’intérieur desquelles étaient cultivées différentes souches de champignons. Sur les 68 souches testées, 42 ont démontré une capacité à décomposer le plastique ! « Au fur et à mesure de la digestion [du plastique], le milieu de culture devenait translucide, ce qui nous a permis d’estimer les taux de dégradation », explique Ronja Steinbach.

Ensuite, l’équipe a fait évoluer expérimentalement les neuf souches les plus efficaces pour voir si, avec le temps et des doses croissantes de polyuréthane, ces champignons pouvaient digérer le plastique encore plus rapidement. En seulement trois mois, certaines espèces ont augmenté leur vitesse de dégradation de 15 %.

L’équipe se concentre désormais sur les mécanismes enzymatiques en jeu. Dans l’océan, les champignons se nourrissent préférentiellement d’autres substances et ne sont pas présents dans des concentrations suffisantes pour effectuer un nettoyage important. « Mais ce travail pourrait déboucher sur des moyens de traiter des plastiques extraits de l’océan, soutient Ronja Steinbach. Des bioréacteurs pourraient être utilisés pour produire les enzymes à plus grande échelle, ou celles-ci pourraient être synthétisées. »

Le coup de pouce serait bienvenu : on estime que l’équivalent de 625 000 camions à ordures de plastique se déverse dans l’océan chaque année.

Publicité