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L’intelligence artificielle (IA) est sur le point de bouleverser la météorologie.
Plusieurs entreprises sont dans la course : Huawei, Nvidia, Atmo, Google DeepMind… Cette dernière faisait état des prouesses de son modèle GraphCast dans la revue Science en novembre dernier. Entraîné à partir des données météo mondiales de 1979 à 2017, il est plus exact que ses rivaux en IA, mais prédit aussi mieux la météo que les modèles traditionnels !
Pour le moment, GraphCast a une résolution de 30 kilomètres. Ses prévisions sont donc moins détaillées que celles du modèle canadien, qui travaille à 15 kilomètres. Mais pas besoin de supercalculateur : il fonctionne sur un (bon) ordinateur de bureau… et sort sa prévision en une minute. Ouf !
« Ce qui est évident pour moi et pour bien du monde, c’est que oui, c’est réel. Ce n’est pas de la triche ! » dit Martin Charron, chercheur au Centre météorologique canadien d’Environnement Canada, à Dorval. Il pense que l’apprentissage machine va révolutionner la prévision météorologique numérique d’ici peu.
« Par contre, il y a des défauts à ce genre de prévisions », met en garde l’expert. Car si l’intelligence artificielle est efficace pour reconnaître différents motifs, elle ne comprend pas réellement comment fonctionne l’atmosphère. « On prend des données, la machine apprend à partir de ça, puis fait des prévisions sans les équations de physique. Le problème avec ça, c’est que les prévisions sont souvent incohérentes dynamiquement. »
Un peu comme ces photos générées par ordinateur qui semblent ultraréalistes… jusqu’à ce qu’on s’aperçoive que les mains des personnages ont six ou sept doigts ! Le Service météorologique du Canada commence néanmoins à faire des expérimentations avec l’IA.
Chose certaine, si on intègre un jour l’IA dans les prévisions publiques, cela se fera très progressivement. « La météo est un service essentiel, pas seulement pour les citoyens, mais pour la défense nationale, les aéroports et les transports. Il y a un élément fort de sécurité publique ; on ne peut pas faire n’importe quoi », conclut Martin Charron.