Ilustration: Shutterstock Photo: Maxim Morin/OSA
En 2018, le Québec a produit plus d’ordures ménagères par personne que toute autre province. Et la cadence se maintient : année après année, toujours plus de déchets sont enfouis, malgré le recyclage et le compostage. Faudra-t-il agrandir éternellement nos sites d’enfouissement ?
Sous une énorme tente blanche installée à côté du site d’enfouissement de Saint-Côme-Linière, en Beauce, des pelles mécaniques meuvent habilement leurs doigts métalliques pour éventrer des sacs noirs. Oreiller, lumières de Noël, boîtes de conserve, machines à café : les objets virevoltent, puis s’entassent pour former des montagnes. Parmi les rebuts se trouvent des articles en bon état, comme cette paire de patins qui aurait le potentiel de faire briller les yeux d’un enfant. « Les gens jettent n’importe quoi… », se désole Éric Maheux, directeur général de la Régie intermunicipale du comté de Beauce-Sud.
Les déchets triés aujourd’hui proviennent de l’une des 17 municipalités desservies par la collecte des matières résiduelles qu’il gère. Si la région n’a pas encore déployé de bacs bruns, des bleus trônent devant chaque porte. Et pour les déchets dangereux, encombrants et électroniques, il y a l’écocentre. Malgré cela, des matières et des objets qui pourraient avoir une deuxième vie atterrissent ici. « Chaque mois, on reçoit au moins une bonbonne à propane et un four à micro-ondes », lance, une pointe d’incrédulité dans la voix, Éric Maheux.
Petite consolation : ces déchets ne finiront pas leur vie dans le dépotoir d’à côté, grâce au projet-pilote de tri biomécanique Triom, qui se déroule sous cette tente depuis un an. Il faut savoir qu’ailleurs au Québec, les ordures ménagères ne sont pas triées : aussitôt collectées, aussitôt envoyées à l’enfouissement ! Mais ici, grâce au tri biomécanique, on valorise un maximum de matières contenues dans les sacs poubelle de 55 000 personnes, y compris les pelures de bananes, explique François Léveillée, vice-président aux opérations de Viridis Environnement, l’entreprise à l’origine de ce projet.
« Une fois que le tri mécanique des objets qui vont à l’écocentre est fait, on envoie le reste là-bas, dit-il en montrant une chaîne de triage. Les gros morceaux, essentiellement du plastique, tombent d’un côté. Et de l’autre, ce sont les fines particules, principalement des matières organiques en partie décomposées, qu’on fait ensuite sécher plusieurs jours pour en faire du compost », résume-t-il.
Avec seulement 0,5 % de la population mondiale, le Canada produit 2 % du volume de déchets générés dans le monde.
Un peu plus loin, deux gros conteneurs laissent échapper une fumée blanche. Ce sont, eux, les bioséchoirs développés expressément pour le projet Triom. « Quand la matière organique arrive ici, elle fermente, ce qui crée de la chaleur et favorise la croissance de bactéries qui, avec de l’oxygène, permettent de composter le tout de manière accélérée », explique-t-il en ajoutant que la matière ainsi séchée retourne ensuite sur un tamis pour qu’en soient retirées les impuretés restantes, comme le métal.
Contrairement aux municipalités qui font du compostage traditionnel ou de la biométhanisation, la Régie intermunicipale du comté de Beauce-Sud n’obtient pas de subvention pour les matières organiques valorisées par ce projet, car le tri biomécanique n’est pas encore reconnu par le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP). Alors, pourquoi ne pas avoir simplement opté pour une collecte traditionnelle des matières organiques ?
« Ce n’est pas une option adaptée à notre réalité, répond Éric Maheux. Vu l’étendue du territoire, le camion aurait à parcourir une heure de route pour ramasser le contenu de 300 bacs bruns, ce qui produit des gaz à effet de serre. Des études ont aussi montré qu’il reste beaucoup de matières compostables dans les ordures ménagères, même quand les gens ont un bac brun. Nous, on veut enfouir le moins possible, car agrandir le lieu d’enfouissement, ça coûte cher, mais surtout, ça nous obligerait à raser tout ça ! » lance-t-il en désignant un boisé.
Ce projet-pilote illustre une réalité incontestable : les programmes de collecte sélective, de collecte des résidus organiques et de récupération par les écocentres ont leurs limites. Beaucoup (trop) de matières recyclables, récupérables et valorisables aboutissent dans nos dépotoirs. Un représentant de Recyc-Québec a d’ailleurs affirmé, lors d’une consultation du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement en 2021, que 90 % des matières résiduelles éliminées dans la province en 2011-2012 étaient « techniquement recyclables ». Une donnée toujours valable, selon la vice-présidente à la performance des opérations de la société d’État, Sophie Langlois-Blouin. (Pour Recyc-Québec, les matières recyclables sont celles qui peuvent être réintroduites dans le procédé de production dont elles sont issues ou dans un procédé similaire. Ainsi, les trognons de pommes que l’on composte ou les bouteilles en plastique que l’on transforme en banc de parc constituent des matières recyclables.)
Malgré la volonté du gouvernement du Québec de tendre vers le « zéro gaspillage », en 2021, plus de 8 millions de tonnes de déchets ont pris le chemin du dépotoir, soit 5 % de plus qu’en 2018. C’est sans compter les matières de recouvrement, comme le verre ou les résidus textiles et plastiques, qui sont utilisées pour recouvrir les déchets enfouis ou créer des chemins d’accès sans être officiellement comptabilisées. Avec elles, on passe à 8,9 millions de tonnes de matières résiduelles éliminées par les entreprises et les ménages québécois, soit l’équivalent de plus d’une tonne par personne. Imaginez, chaque individu a jeté l’équivalent en poids d’une voiture en 2021 ! C’est deux fois la cible de 525 kg annuels par personne fixée par le gouvernement du Québec pour 2023.
Les dépotoirs débordent : d’ici la fin 2024, 4 lieux d’enfouissement technique (LET) sur 38 seront agrandis et 2 autres seront créés. Comment améliorer notre bulletin ? Faudra-t-il se mettre à « passer au peigne fin nos poubelles », comme le propose Triom ?

Éric Maheux et François Léveillée sur le site du projet Triom. Photo: Maxim Morin/OSA
Le 3RV-É consiste à gérer les matières résiduelles d’abord par la réduction à la source (en éliminant une couche d’emballage, par exemple). Si ce n’est pas possible, on vise le réemploi (remplir à nouveau une bouteille de vin). À défaut de quoi on s’en remettra au recyclage (faire du compost avec des trognons de pommes ou faire du papier à partir de papier récupéré). Quand toutes ces pistes sont écartées, on valorise le déchet (faire du gaz naturel à partir des matières organiques en décomposition). Quand les 3RV sont impossibles, on élimine le produit, soit dans un lieu d’enfouissement, soit dans un incinérateur.
Agir en amont
« Avant de passer au tri biomécanique, il faudrait d’abord chercher à respecter le plus possible la hiérarchie des 3RV-É », affirme Martin Héroux, professeur au Département de génie chimique à Polytechnique Montréal. Le gouvernement du Québec s’est d’ailleurs obligé à le faire dans sa Loi sur la qualité de l’environnement. L’idée est d’intercepter le maximum de rebuts en amont de l’enfouissement et de l’incinération, notamment dans les bacs bleus.
Encore aujourd’hui, beaucoup de matières qui devraient être envoyées à la poubelle se retrouvent dans le bac bleu et vice versa. En 2018, les centres de tri des matières recyclables ont envoyé aux dépotoirs et à l’incinération 144 000 tonnes, soit 11 % des matières reçues. Faut-il légiférer pour obliger les gens et les entreprises à mieux récupérer ? « Les mesures coercitives sont parfois difficiles à appliquer, car il faudrait savoir à qui appartiennent les sacs d’ordures mis dans la rue, souligne Martin Héroux. Mais il y a des initiatives intéressantes. Par exemple, à Beaconsfield, on a mis en place une collecte d’ordures ménagères basée sur le principe d’utilisateur-payeur, où les ménages doivent payer à chaque levée de leur bac à ordures. Plus la taille du bac à ordures est grande et plus il est mis fréquemment à la rue, plus ça coûte cher. C’est un bon incitatif à mieux trier ses poubelles et à réduire à la source. »
Le directeur général du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets, Karel Ménard, croit que l’efficacité du recyclage pourrait être améliorée si on ne mélangeait pas à la base les matières de la collecte sélective. « Dans beaucoup de pays d’Europe, on ne les mélange pas au départ. Le papier propre permet donc de refaire du papier. Ici, on a opté pour la facilité. Nos matières recyclables se contaminent dans nos bacs, et on a de la difficulté à trouver des débouchés pour les recycler. On envoie des ballots de matières recyclables contaminées à l’étranger. Va savoir ce qu’il leur arrive ensuite », se désole Karel Ménard. En 2021, 53 % des matières de la collecte sélective – le bac bleu – ont fini au dépotoir ou à l’incinérateur, d’après les estimations Recyc-Québec.
« Dans le milieu, le terme « débouché » renvoie aux deuxièmes vies possibles des matières. On pourrait utiliser le verre non contaminé pour produire de la peinture réfléchissante, de la laine minérale ou encore des abrasifs... »

Dans le cadre du projet-pilote de tri biomécanique en cours à Saint-Côme-Linière, les gros déchets (sur la gauche) sont séparés des plus petits (à droite). C’est la pile de droite qui sera placée dans un bioséchoir. Photo: Maxim Morin/OSA
Selon plusieurs experts, le Québec gagnerait aussi à rendre plus efficace le recyclage des déchets organiques qui, en 2018, constituaient près de la moitié du contenu des sacs poubelle des entreprises et des ménages. Non seulement pour éviter la multiplication des dépotoirs, mais également pour réduire leur contribution aux changements climatiques. Car les matières organiques stockées dans les sites d’enfouissement génèrent de puissants gaz à effet de serre, souligne Alexandre Cabral, professeur titulaire au Département de génie civil et de génie du bâtiment à l’Université de Sherbrooke. « La dégradation des matières organiques produit surtout du méthane (CH4), car elle se fait en absence d’oxygène. Sur un horizon de 100 ans, l’impact d’une molécule de méthane est 28 fois plus élevé que celui d’une molécule de CO2 et, sur un horizon de 10 ans, c’est 200 fois plus ! » rappelle-t-il.
Martin Héroux précise qu’heureusement, les lois québécoises obligent les LET à capter le biogaz. « Il peut être recueilli pour le chauffage de serres, par exemple, ou envoyé dans des pipelines de gaz naturel vers le reste du Canada et les États-Unis. Mais il y a quand même des émanations qui s’échappent des sites d’enfouissement en activité et de ceux qui sont fermés », souligne-t-il. Selon les données du ministère, les lieux d’enfouissement municipaux du Québec ont émis près de 3,73 millions de tonnes d’équivalent CO2 en 2020, soit 5 % des émissions totales de gaz à effet de serre de la province !
Recyclage 2.0

Un bioséchoir où les déchets de petite taille (de la pelure de banane au contenant de yogourt) passeront quelques jours. Photo: Maxim Morin/OSA
La vice-présidente à la performance des opérations chez Recyc-Québec, Sophie Langlois-Blouin, a bon espoir que le portrait du recyclage des matières organiques s’améliorera à court terme, notamment grâce à la Stratégie de valorisation de la matière organique, implantée en 2020. Elle comprend des incitatifs financiers pour l’implantation de services de gestion des matières organiques et leur valorisation par compostage ou biométhanisation (par des procédés reconnus) tant pour les municipalités que pour les entreprises. « En 2021, 56 % des matières putrides générées par l’ensemble des activités de la société québécoise ont été récupérées, soit une augmentation de 12 % par rapport à 2018. On est en bonne voie d’atteindre l’objectif gouvernemental de 60 % de matières organiques recyclées pour 2023 », estime-t-elle. Précisons que cette cible, le Québec se l’était initialement fixée… pour 2015 !
Pour les matières du bac bleu, Sophie Langlois-Blouin souligne que la modernisation de la collecte sélective, prévue pour janvier 2025, ainsi que l’élargissement de la consigne pour les contenants de boissons de 100 millilitres à 2 litres, qui sera en vigueur dès novembre prochain, changeront la donne : les boîtes de jus en carton multicouche, mais aussi les bouteilles de vin et les bouteilles d’eau en plastique, seront consignées ! « Les gens iront les porter dans un lieu unique de consigne, où un organisme mandaté par Recyc-Québec s’assurera que les emballages sont récupérés, recyclés ou valorisés. Il y aura des objectifs à atteindre et des comptes à rendre. On s’attend à ce qu’il y ait de nouveaux débouchés viables qui se développent au Québec, par exemple pour le verre, qui trouve peu de débouchés, car il est contaminé », illustre-t-elle. Dans le milieu, le terme « débouché » renvoie aux deuxièmes vies possibles des matières. « On pourrait utiliser le verre non contaminé pour produire de la peinture réfléchissante, de la laine minérale ou encore des abrasifs », souligne Claude Maheux-Picard, directrice générale du réseau Synergie Québec du Centre de transfert technologique en écologie industrielle affilié au Cégep de Sorel-Tracy.
L’analyste en réduction à la source chez Équiterre Amélie Côté voit aussi ces nouvelles mesures d’un bon œil, car, selon elle, les entreprises sont l’épicentre du problème. « Selon les données de Recyc-Québec, les industries, les commerces et les institutions produisent 66 % des matières éliminées », souligne-t-elle. Dans le secteur de la construction, de la rénovation et de la démolition, seulement 34 % des matières résiduelles ont été recyclées ou valorisées. Or, l’objectif du gouvernement est de 70 % !
« Les défis dans le secteur des résidus de construction, de rénovation et de démolition sont nombreux, admet le ministre du MELCCFP, Benoit Charette, dans une réponse écrite. Il faudra que les acteurs du milieu anticipent la déconstruction avant même la construction. Nous sommes en train d’analyser un rapport d’experts sur la question. »

À l’intérieur, la matière organique se dégrade rapidement, tandis que le plastique et le métal restent intacts. Photo: Maxim Morin/OSA
Si la volonté politique est au rendez-vous, l’expertise québécoise répondra présente, pense le directeur de la Chaire de recherche et d’intervention en éco-conseil de l’Université du Québec à Chicoutimi, Claude Villeneuve. « Les institutions mettent en place une foule de projets, mais il faut faire le lien entre ces initiatives. Par exemple, ici, à l’Université, nous avons un projet de rénovation où l’on déconstruit plutôt que de démolir. On se disait : “Si on récupère 10 % de la matière, ce sera fantastique !’’. Six mois plus tard, on dépasse 90 % de matériel valorisé, notamment par la revente de matériaux. C’est formidable, non ? »
Martin Héroux croit aussi que ce type d’initiatives est prometteur. « Les déchets d’hier, ce ne sont pas les déchets d’aujourd’hui, et ceux d’aujourd’hui ne sont pas ceux de demain. Au fur et à mesure que les matières résiduelles prennent de la valeur, des maillages peuvent se faire entre les entreprises : les déchets de l’une deviennent les matières premières de l’autre », explique-t-il.
Le réseau Synergie Québec, affilié au Cégep Sorel-Tracy, joue justement les entremetteurs entre les entreprises qui cherchent à se défaire de manière responsable de leurs déchets et celles qui sont avides de réduire leurs coûts de production et leur empreinte carbone en utilisant des matériaux recyclés comme matières premières. « On va dans les parcs industriels partout au Québec. On regarde les rebuts et on voit à quelle entreprise ça pourrait servir », résume Claude Maheux-Picard, la directrice générale du réseau.
Des retailles de mousse polyuréthane d’une entreprise de Waterloo, dans les Cantons-de-l’Est, qui produit des matelas servent de rembourrage à une autre située à Granby, qui produit des meubles : voilà un exemple parmi les 400 projets qui ont permis d’éviter l’enfouissement de plus de 14 000 tonnes de résidus au cours des dernières années. « C’est sûr qu’on aimerait que nos efforts soient mieux financés et même pris en main par le gouvernement, comme c’est le cas dans d’autres pays », ajoute Claude Maheux-Picard, en précisant que l’approche a aussi permis aux entreprises d’ici d’économiser plus de 4,5 millions de dollars.
Amélie Côté estime elle aussi que le gouvernement doit propulser ce genre d’initiatives : « Québec s’est concentré sur le recyclage, et non sur la réduction à la source et le réemploi, qui sont les deux premiers R des 3RV-É. Pour que le changement se fasse, il faut du financement. On ne peut pas mettre le poids des changements systémiques sur le dos des individus ! »
Le gouvernement devrait se doter de législations plus musclées, à l’instar de la Loi anti-gaspillage pour une économie circulaire, en France, qui force l’industrie à réduire à la source, juge-t-elle. « Là-bas, les commerces doivent, par exemple, accepter les contenants réutilisables ou mettre en place un système de consigne privé pour vendre leurs produits. Depuis janvier, la restauration rapide doit impérativement servir les aliments consommés sur place dans des contenants réutilisables. C’est très avant-gardiste. »
Sophie Langlois-Blouin, de Recyc-Québec, admet que les mesures volontaires ont leurs limites. « Il faut évoluer vers des mesures obligatoires et des règlements. Devoir jeter une lampe parce que l’ampoule ne peut pas être changée, en 2023, c’est inacceptable. »

À gauche : ce qui est placé dans les bioséchoirs. Au milieu : ce qui sort du bioséchoir circulera sur des tamis pour que soient extraits les métaux et autres matières non décomposées. À droite : le résultat du tri biomécanique est un compost dont la qualité est en cours d’analyse. Photo: Maxim Morin/OSA
« Les déchets d’hier, ce ne sont pas les déchets d’aujourd’hui, et ceux d’aujourd’hui ne sont pas ceux de demain. Au fur et à mesure que les matières résiduelles prennent de la valeur, des maillages peuvent se faire entre les entreprises : les déchets de l’une deviennent les matières premières de l’autre. »
Vers une reconnaissance du tri biomécanique ?
La Régie intermunicipale du comté de Beauce-Sud, elle, n’a pas l’intention d’attendre que les lois changent pour réduire ses tonnages de matières à enfouir. Pour l’instant, seul le traitement des matières organiques par compostage ou biométhanisation est reconnu par Québec. « Je pense que le gouvernement devrait être un peu plus ouvert d’esprit sur la question et accepter qu’il n’y a pas juste une seule bonne solution », affirme le directeur général de la Régie, Éric Maheux. Selon Viridis Environnement, le projet Triom a permis de réduire d’environ 40 % le tonnage de déchets enfouis et d’éliminer pratiquement toute trace de matière organique.
Bien qu’il soit possible de repérer çà et là de petits bouts de plastique, le compost produit ici ressemblerait à n’importe quel autre compost, selon le promoteur. Mais seules des analyses poussées en laboratoire permettront d’en vérifier la qualité. Les résultats du projet sont attendus ce printemps. « S’ils sont concluants, le gouvernement pourra en réévaluer le financement sur la base de la performance et de la qualité des extrants produits en vue de leur recyclage et/ou de leur valorisation », précise-t-on au MELCCFP.
François Léveillée semble certain que son projet, en partie financé par Recyc-Québec, sera bientôt accepté par le gouvernement et que d’autres municipalités pourront en bénéficier. « L’idéal, ce serait de ne pas mettre les matières organiques dans un sac noir. Mais l’éducation et la sensibilisation ont vraiment leurs limites. Donc, qu’est-ce qu’on fait ? On attend que le monde soit plus conscientisé et capable de trier correctement ? Dans l’expression urgence climatique, il y a le mot urgence, et c’est maintenant qu’il faut agir », dit-il, convaincu.